Gautier – Buffé 1160 A.D.

 

Au XIIème siècle, le surnom de BUFFÉ s'écrit tour à tour BUFE, BUFFE, BUFEX, BUFEZ, BUFOHEZ, et en latin BUFFATUS. Ces variations orthographiques ne laissent aucun doute sur l'accentuation de l'é final : elles sembleraient de plus indiquer le participe d'un verbe "buffer" ou "buffare".

 

Lambert de BOUFFÉMONT a peut-être eut trois fils: 

Gautier, qui suit, 

Dreux I, moine au Val Notre-Dame avant 1160,

Mathieu, cité en 1161.

 

Dreux, Gautier et Mathieu sont-ils fils de ce Lambert de BOUFFÉMONT, témoin d'une charte de Mathieu I de MONTMORENCY en 1148, et dans lequel on pourrait reconnaître Lambert, frère de Foulques et neveu d'Hervé de MÉRY, cité précisément à la même époque dans le cartulaire de Saint-Martin de Pontoise? C'est là une pure conjecture; toutefois, il ne faut pas oublier qu'en 1174, Gautier BUFFÉ fit remise aux moines de Saint-Victor de ses droits de gruerie sur leurs bois de Bouffémont.

Au moment où elle apparaît sur la scène de l'histoire, en fief à Méry, cette famille est vassale des sires de Montmorency, et tient d'eux des bois considérables. 

Dreux I BUFFÉ, touché par la grâce divine, se consacra au service de Dieu dans l'abbaye du Val Notre-Dame, fondée en 1125, dont l'église allait être élevée par Anseau de l'ISLE-ADAM, en 1136. Il donna en perpétuelle aumône, au monastère où il entrait, le bois de la Carrière (nemus quarrerie) avec la carrière elle-même, et les marais à l'entour. Ce don, qui devait être sans doute d'un grand secours pour les religieux dans la construction de leur église et de leur cloître, fut regardé comme excessif par la famille de Dreux. Gautier BUFFÉ ne consentit à l'approuver que sous la condition de conserver, pendant sa vie, l'usufruit de la moitié de la forêt.

Il fut conseillé aux moines, pour le bien de la paix, d'accepter cette transaction ; elle fut donc arrêtée à Taverny, du consentement de Pierre, fils de Gautier, en présence de Mathieu de MONTMORENCY, connétable de France ; de Mathieu le BEL (seigneur de Villiers-le-Bel en 1125) ; Raoul son frère ; Dreux de CONFLANS ; Gautier de GROSLAY et autres témoins. 

Plus tard, Gautier BUFFÉ, sa femme Héloïs et leur fils Pierre (c'était alors leur seul enfant) confirmèrent de nouveau cet accord, au château de l'Isle, en présence du prieur Adam ; de Mathieu, frère de Gautier ; de Raoul le MENU ; de Thibault BIGOT et de plusieurs autres.

Plusieurs années s'étant écoulées, Gautier reconnut qu'il avait fait injustice à l'église de Dieu. Il remit aux moines la jouissance du bois de la Carrière tout entier et des marais qu'il avait retenus. Les plus grands personnages du pays furent témoins de la restitution : Bouchard IV et son frère Thibault de GISORS, Geoffroy, Amaury et Hervé de POISSY, Bernard, "villicus" de Taverny, et Raoul de CONFLANS.

Bouchard de MONTMORENCY prit solennellement cette aumône sous sa garde, comme étant de son fief et s'en constitua le défenseur. Aussi, après la mort de Mathieu I, Renaud MASAVENE prétendit soulever une plainte contre les moines, réclamant ce bois comme étant de son domaine, le baron de Montmorency fit les plus grands efforts pour couper court à la querelle ; il obtint que Renaud renonçât à ses prétentions et se constituât lui-même le protecteur de l'abbaye contre ses autres frères. 

GAUTIER, né vers 1110, décédé sans doute vers 1185. Il est nommé dans des textes de 1160 à 1182, il est alors appelé "Gauterius Bufez". Il fait un don peu avant 1170 (charte CXCVIII, cartulaire de l'abbaye de Saint-Martin de Pontoise, page 155, J. Depoin, 1895). 

Pierre, fils de Gautier Buffé. En 1166, il est témoin d'une restitution faite à l'église du Val, par Gilbert de MOUSTIERS, de Chambly, et son frère, Raoul de NOISY. On le voit aussi figurer dans l'entourage d'ADAM III, sire de l'Isle, un jour où celui-ci donna deux muids de grains de rente féodale au même monastère, pour l'âme de sa femme Alis,

Eudes, qui suit.  

EUDES, fils de Pierre, né vers 1155, décédé après 1189, épousa Eremberge et eut: 

Dreux II, qui suit,

Jean I,

Idoine,

Mathilde.

 

Eudes figure avec son père Gautier dans deux chartres datées de 1182. L'une est de Henri de LIÉS, l'autre est la cession d'une partie de forêt par Arnoul MUSAVENE. On y trouve, entre les témoins : "Drogone di Bonavilla, Galterio Bufe et Odone filio ejus".

Eudes a laissé peu de traces dans l'histoire de son temps. Il mourut dans les premières années du XIIIème siècle, laissant pour héritier son fils Dreux II. Dans le tableau des fiefs mouvant de la couronne, dressé de 1201 à 1212, Gautier TYREL, le célèbre compagnon et meurtrier du roi d'Angleterre Guillaume II, déclare, parmi ses fiefs du Vexin relevant du Roi : "le sire Herbert d'Osny tient treize hôtes à Méry et ce que le sire Dreux Buffé tient de lui à Grisy".

 

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