En langue
d'oïl, les trouvères.
À la fin
du XIIe siècle, peut-être sous l'impulsion d'Aliénor d'Aquitaine, petite-fille de
Guillaume IX, reine de France de 1137 à 1152, et de sa fille, Marie de Champagne, des
poèmes courtois s'écrivent en langue d'oïl. Chrétien de Troyes, Blondel de Nesle, Gace
Brulé et Gautier de Dargies sont les premiers à imiter la lyrique occitane et à la
plier à leur langue et à leur sensibilité.
Probablement
originaire de la commune de Dargies, située dans le Beauvaisis, Gautier serait né en
1165 et mort aux alentours de 1236.
Il sera
l'interlocuteur de Richard de Fournival et de Blondel de Nesle dans les deux jeux-partis
qu'il nous reste de lui. La beauté de ses vers fera l'admiration de Dante .
On lui doit également les trois premiers en langue d'oïl et dix-sept chants dans lesquels il chante les joies et les douleurs de l'amour comme dans l'extrait qui suit:
"En icel tanz que je voi la fredour,
Noif et gresill remanoir, et boschage
Foillissent tot encontre la douçour
Du tanz d'esté, chantent oisel sauvage
Et resbaudit chascuns en son langage,
Ha las,chaitis ! et je tout ades plour
Fors qu'en chantant ramentoif ma dolour
Que j'ai soufert ades en mon corage ;
Morir en cuit, quar point ne m'assoage".
Qui peut être transcrit comme:
"Maintenant, la froidure, comme on voit,
a disparu, avec neige et grésil, et les bois
verdissent dans la douceur
d'un temps d'été ; Y chantent les oiseaux
et chacun se réjouit en son langage.
Mais moi hélas, je pleure sans fin,
puis je chante la mémoire d'une douleur
qui m'a dévoré le cur
Je vois venir la mort faute d'apaisement."
Texte extrait du site www.medievalenfrance.com.
Copyright © 1999 Association de généalogie des familles Gauthier
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