Hubert Gautier - 1205

 

Évêque de Salisbury et Archevêque de Canterbury. 

Hubert Gautier (Hubert Walter) fut Archevêque de Canterbury (1193-1205); décéda le 13 juillet  1205; fils de Hervey (Herveus) Walter et Matilda de Valoines, dont la sœur avait épousée le célèbre Ranulf de Glanville. 

La famille, de descendance normande, s`établie à East Anglia, appartenait des terres au Lancashire et Norfolk. Il grandit dans la maison de Ranulf de Glanville, son oncle, le Grand Justicier de l`Angleterre. Le frère aîné de Hubert, Theobald Fitz-Walter, a accompagné Henry II et Jean en Irlande, et est devenu l`ancêtre des Butler de Ormonde.  

Nous voyons l`archevêque pour la premières fois comme aumônier de Ranulf de Glanville, et un écrivain contemporain le mentionne comme un égal de son maître à la gouvernance de l`Angleterre. En 1184 et 1185 il est Baron de la trésorerie, et en 1186 son nom fait parti de la liste, des cinq personnes, soumise à Henry II pour le poste vacant à l`Archevêché. Le Roi les rejette tous. En 1189 Hubert était Chancelier du Maine et la même année est choisi par Richard I, Cœur de Lion (1189 - 1199) comme évêque de Salisbury. Il est consacré le 22 octobre par Baldwin, l`Archevêque de Canterbury.  

Accompagnant Richard à la troisième Croisade, il est nommé, à la mort de Baldwin, aumônier en chef de la Croisade. En plus, il était un des commandants du contingent anglais et agit d`intermédiaire entre Richard et Saladin. Sa fermeté a contrôlé le désordre et le dévergondage au sein de l`armée des croisés, les soins qu`ils donnent aux malades et blessés, et son aide des pauvres pèlerins, lui méritent la considération des autres commandants. Il représente l`armée anglaise lorsque les premiers pèlerins accèdent au  Saint-Sépulture, et c`est à lui que Saladin adresse son éloge de Richard. Il repousse, par son intervention rapide, l`attaque des Sarrasins sur les Français qui marchaient sur Jérusalem, et c`est lui qui empêche la croisade de faillir misérablement, en négociant une longue paix avec Saladin durant la maladie de Richard. Ses efforts amènent Saladin à permettre aux pèlerins d`avoir accès aux Lieux Saints, lorsque la Croisade se termine, c`est sous son commandement que l`armée est menée sauf en Sicile. Il visite le Roi en prison à Durrenstein et retourne en Angleterre en 1193, juste à temps pour supprimer la tentative du Prince Jean qui veut prendre la couronne. En imposant une taxe sévère, il parvient à amasser une somme suffisante pour la rançon du Roi.  

Le siège épiscopal ayant été vacant depuis le décès de Baldwin en 1190. Richard ordonne aux évêques d`élire Hubert Gautier. Les moines de Canterbury, voyant leur liberté d`élection menacée, acceptant le chois du Roi avant que les évêques aient pu les consulter. Hubert est intronisé à la cathédrale le 7 novembre, 1193. Avant la fin de l`année, il est nommé justicier. Il est chargé de couronner pour la deuxième fois le Roi à Winchester en avril, 1194, et lorsque Richard quitta définitivement l`Angleterre la même année, Hubert devint le maître incontestable à sa place. Durant l`absence prolongée de Richard, il est responsable du gouvernement. Il est pas facile de tenir le prince Jean à l`écart, de s`assurer de la défense et les taxes, cependant Hubert, tout en gouvernant l`État avec prudence, reste conscient de ses devoirs ecclésiastiques. Il résigne comme justicier en 1198 mais, l`année suivante, accepte d`être le Chancelier. 

Les demandes monétaires incessantes du Roi ont provoqué une insurrection, que le justicier a éliminé avec une main ferme, voir même en violant le sanctuaire pour punir l`instigateur William Fitz Osbert. En 1197 il négocie, en Normandie, une alliance avec la Flandre, et une paix entre Richard et Philippe de France. Il retourne en Angleterre où il convoque le conseil à Oxford en novembre, afin présenter la requête de Richard pour 300 chevaliers ou l`argent nécessaire pour autant de mercenaires; chacun des barons et évêque doit contribuer sa part. Saint Hugh de Lincoln et Herbert de Salisbury refusent, prétendant que leur église n`est pas obligée de fournir ni chevaliers ni argent pour la guerre. L`Archevêque révoque le conseil avec une grande indignation. Dès que Innocent III deviens pape, il demande à Richard de permettre à Hubert de laisser ses devoirs séculiers. Ce que l`Archevêque fait immédiatement, se joignant au Roi en Normandie, où il demeure jusqu`à sa mort en 1199. Le Roi Jean l`envoi immédiatement en Angleterre pour garder la paix jusqu`à son arrivée. Le 27 mai, il est chargé du couronnement à Westminster et dans son élocution insiste sur l`ancienne méthode d`élire à la Couronne.  Le jour suivant, il reprend la chancellerie, contre le gré du pape, agissant sans doute de bonne foi car il pensait être seul capable de retenir le Roi.  

Il couronne Jean et sa Reine, Isabel, à Westminster le 8 octobre, et est présent lors de l`hommage au Roi d`Écosse à Lincoln en novembre. En décembre il va en France sur une mission diplomatique inutile, et au printemps de 1203 procède à une autre mission, qui échoue également, sans en être responsable. Une querelle avec Jean fait qu`on lui enlève ses fonctions mais on a vite fait de le réhabilité. En mai 1205, le Roi réuni une flottille et une armée importante afin de traverser sur le continent, pour reprendre le prestige et le pouvoir qu`il a perdu aux Normands et récupérer les possessions françaises. Hubert Gautier et William Marshal, voyant l`inutilité du projet, vont le convaincre de l`abandonner. Ce fut le dernier geste publique de l`Archevêque. Le 10 juillet, en se rendant de Canterbury à Boxley pour restaurer la paix entre les moines de Rochester et l`évêque, il est pris d`une fièvre et d`un furoncle. Il décède trois jours plus tard en son manoir de Teynham.  

La grande influence qu`il eut sur l`État est bien démontré par les paroles du Roi Jean qui a apparemment dit, en apprenant la nouvelle en 1205: "Maintenant, pour la première fois, je suis le Roi d’Angleterre." 

Hubert fut accusé, même avant son décès, d`avoir laissé ses devoirs ecclésiastiques en faveur de la politique. L`accusation était méritée et le premier à la faire fut son collègue, Hugh de Lincoln. Durant les cinq première années de son épiscopat, il eut des différents avec ses moines de « Christ Church, Canterbury ». Une des causes principales de ces disputes était du au fait que Hubert voulait maintenir les prêtres séculiers au collège de Lambeth qui avait été fondé et doté par l`Archevêque Baldwin payée à même des fonds du siège épiscopat. Le collège était destiné à être un centre d`étude, chose rare à  l`époque, et son église ne devait pas avoir de privilèges portant préjudice à Canterbury; mais le prieur et couvent firent appel et finirent par gagner. Hubert fut oblige suite à un bref papal de fermer le collège. Il était jaloux des pouvoirs temporels de son Siège et recouvra les manoirs de Saltwood et Hythe, ainsi que les châteaux de Rochester et Tunbridge, perdus sous le règne de Henri II. L`ancien privilège de frapper de la monnaie à Canterbury lui fut restitué ainsi qu`à ses héritiers par Richard I, et il fut un grand bienfaiteur de la cathédrale. Ayant reçu le pouvoir de léguer en 1195, il visite York et ordonne une réforme importante. Il ordonne des mesures similaires pour Canterbury lors d`un synode qu`il a convenu à Londres. Son combat avec Giraldus Cambrensis et la justification de la primauté de Canterbury sur les églises du pays de Galles est, selon Gervase de Canterbury, son grand mérite.  

Hubert est enseveli dans la Cathédrale de Canterbury.

 

 

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