Présentation

   

Les pages de Bernard Gontier

   

                C`est avec FIERTÉ, LOYAUTÉ, COURAGE que je vous offre ces pages sur l`ancêtre BERNARD GONTIER et notre première grand`mère MARGUERITE PASQUIER.  

Découvrir ses ancêtres souches tant du côté paternel que du côté maternel est une aventure éblouissante de richesses et d`une profondeur insoupçonnée. La recherche des éléments marquants de leurs vies devient vite la source d`une joie incommensurable qui satisfait non seulement une curiosité naturelle mais qui permet, à qui s`y aventurent, de mieux connaître leurs modes de vie, les évènements historiques concurrents et, en bout de ligne, de mieux se connaître soi mêmes et de comprendre souvent des comportements de contemporains vivants des générations qui nous ont précédées ainsi que de ceux et celles des générations actuelles.

Vous réalisez qu`il est impossible de suivre à la trace, pour ne pas dire au jour le jour, le déroulement des évènements qui ont jalonnés le parcours de la vie de l`ancêtre aux différentes étapes de sa vie en Nouvelle-France. Il y a passé environ 53 ans mais il y était arrivé au début de sa jeune vingtaine. Donc, un grand trou se creuse devant nous. La période parisienne de sa vie. Tout ce que l`on connaît, ce sont les noms de ses père et mère avec les dates incertaines de leurs naissances et de leur mariage. Avait-il des frères, des sœurs ? On ne sait pas ! Où a t-il passé son adolescence ? Était-il issu d`une famille pauvre ou relativement à l`aise ? A t-il appris son métier de menuisier de son père ou bien celui de cordonnier. Où habitait-il dans le quartier Saint-Séverin où il fut baptisé ? Il a fréquenté l`école ( ce sacré Charlemagne…) car il signe d`ailleurs très bien avec une certaine élégance même. Mais on ne connaît à date aucun texte, aucune note écrite de sa main. Il devait quand même avoir une certaine crédibilité car il est très en demande comme témoin dans différents actes notariés et religieux. Quelles sont les raisons qui ont motivé Bernard Gontier à quitter le foyer même s`il n`avait pas encore atteint la majorité qui était alors fixée à 25 ans ? Il manque aussi bien des documents qui nous auraient aidés à faire la lumière sur certains évènements. N`oublions pas que de son époque, la ville de Québec fut assiégée et bombardée pendant des mois par la flotte de l`amiral Phipps en 1690. C`est ce même Phipps que Frontenac repoussa si délicieusement… Donc, bien des documents furent détruits définitivement et nous amènent directement à échafauder des suppositions, intuitives la plupart du temps.

Notre premier ancêtre nous a transmis les gènes qu`il avait reçus de ses père et mère. Ces gènes se sont transmis jusqu`à nous, au fil des siècles et des générations précédentes, dilués ou non selon les règles implacables du mécanisme de dominance et de récessivité, selon la qualité des gènes apportés par les ancêtres du côté maternel. Ces gènes maternels ont apporté aussi des variantes morphologiques manifestes qui ont laissé des différences profondes entre les diverses branches collatérales des lignées. Bien des gènes sont donc disparus de notre phénotype mais bien des gènes aussi sont demeurés intacts dans notre génotype. Nous devrions donc retrouver aujourd`hui quelques individus qui ont conservé des traits, soit physiques soit caractériels, tels que l`ancêtre Bernard Gontier les manifestait. Je suis convaincu que l`on peut se faire une idée assez juste de l`apparence physique de notre ancêtre en observant l`apparence et les comportements de certains individus de sa propre lignée et des lignées collatérales. On peut donc ainsi, dans son imaginaire peut-être, donner un visage à cet ancêtre selon nos observations.

Bernard Gontier est donc né en France où il a passé son adolescence et débuté sa vie d`adulte. C`est là qu`il entame la période 1 de sa vie dont nous ne connaissons rien. Avait-il des frères, des sœurs, des grands-parents ? Quel était le métier de son père ? Quels sont les motifs immédiats qui ont poussé ou forcé ce jeune homme à quitter sa famille, etc ? On ne le saura jamais !

Puis ce fut la période 2, celle de ses premières années en Nouvelle-France. Période d`incertitude, conjuguée avec les aléas de l`adaptation en ce pays nouveau où rien ne pouvait se comparer avec le pays natal, si ce n`est que le mode d`administration avec la Coutume de Paris en vigueur, les habitudes alimentaires, la présence de compatriotes venus tenter leur chance, tout comme lui, etc. Je présume que Bernard Gontier est arrivé le 15 septembre 1663. En ce moment, aucune preuve documentée ne vient étayer cet avancé mais le sacrement de la Confirmation lui est conféré le 23 mars 1664 par Monseigneur de Laval à Québec. N`oublions pas que cette période est celle où la religion huguenote ou calviniste, omniprésente en France, tente de s`infiltrer en Nouvelle-France et le clergé est aux aguets. Vu que Bernard Gontier a été baptisé en France, il est normal et de l`intérêt du clergé de confirmer son appartenance à l`Église catholique et romaine dans les plus brefs délais après son arrivée. Ce qui cadre bien avec l`arrivée d`un navire, le 15 septembre 1663, où l`Évêque de Pétrée, ramenant une centaine de jeunes gens de bonne famille, est à bord. Si Bernard Gontier est bien arrivé en 1663, c`est l`année où Louis X1V décide de prendre en mains l`avenir de la colonie lointaine, donc de retirer le pays des mains de la Compagnie-des-Cent-Associés et autres marchands du même acabit et d`y instaurer un mode d`administration beaucoup plus approprié et mieux adapté à la nouvelle réalité. La nomination d`un Intendant pour la gestion ponctuelle des affaires courantes de l`État, un Conseil Souverain pour chapeauter et entériner les décisions prises, un Gouverneur pour les affaires militaires, diplomatiques et mondaines…Et tout ce système sous l`œil vigilant du clergé, Mgr de Laval en tête, des Ordres religieux, Jésuites, Sulpiciens, Récollets, et des communautés religieuses, Ursulines, Hospitalières, etc., qui s`imposaient dans tous les domaines sous le prétentieux prétexte de l`évangélisation des Sauvages, tout en se comportant en seigneurs omnipotents souvent au détriment du menu peuple. Il est évident qu`il faut admirer ces Communautés religieuses qui ont su par leur dévouement sans bornes soulager les misères humaines avec des moyens restreints mais, elles aussi ne se comportèrent-elles pas en seigneuresses ? C`est dans ce contexte social que Bernard Gontier entreprit la période 2 de son existence, celle de Québec, interrompue pendant environ trois ans par son séjour controversé à la baie Saint-Paul, puis ponctuée par l`acquisition de quelques terres, à Québec, à l`île d`Orléans et aux Grondines.

La période 3 de l`existence de Bernard Gontier est celle de Beaumont, de loin la plus longue et la plus fertile. C`est là qu`à 37 ans ou environ il s`installe pour de bon, presque assurément au printemps de 1680 où c`est là qu`il décèdera en 1716. Au recensement de 1681, Bernard Gontier n`a que 3 arpents en valeur. Lors de la prise de l`inventaire après décès de Marguerite Pasquier en 1698, on voit qu`il a 25 arpents en valeur. C`est donc qu`il a trimé dur car ses trois enfants ne sont pas tous encore en mesure de l`aider À partir de cette date d`arrivée dans la seigneurie de Charles Couillard, Bernard Gontier se fait rare sinon absent dans les actes notariés. On le voit dans les baptêmes et les mariages de ses enfants et comme témoin dans quelques mariages, baptêmes et sépultures d`amis et de parents. Idéalement, on peut imaginer la vie bucolique de la petite famille. On pourrait voir Bernard Gontier, leur menuisier de père, dans son atelier de menuiserie, en train de bricoler un petit cheval de bois berçant pour les petites Marguerite et Hélène. Il s`est déclaré cordonnier. Il pouvait sûrement fournir à la famille les chaussures adaptées à la rigueur du climat. On pourrait voir aussi la belle Marguerite Pasquier qui leur tricote de chauds vêtements ou qui leur confectionne quelques poupées de chiffons…Son époux cultive les pois, comme le déclare l`inventaire de 1698. Marguerite a sans aucun doute appris à faire la bonne soupe aux pois comme nous la savourons de nos jours…Et Bernard Gontier qui s`adonne allègrement à la chasse et à la pêche dans la rivière Boyer. Le comté de Bellechasse d`aujourd`hui où se situe Beaumont n`est-il pas reconnu comme un territoire où abonde le gibier ? C`est vrai que Bernard Gontier a dû trimer dur pour défricher et ensemencer sa terre. Le sol alluvionnaire y est fertile mais, connaissant le territoire, je sais qu`on y retrouve de multiples affleurements rocheux composés de tuf, vestiges de la mer de Champlain, et un sol constitué de till épais associé avec du till mince. Les labours devaient être ardus pour l`ancêtre Bernard Gontier…mais c`est peut-être le mode de vie dont il avait rêvé en France, durant sa vie d`adolescent, batifolant sur les rives de la Seine...

Cette période 3 de la vie de Bernard Gontier se poursuivra par son second mariage avec Marie Françoise Forgues en 1698. Période nébuleuse et peu documentée, si ce n`est que quelques actes notariés de Marie Françoise Forgues. Ce qui est surprenant et inhabituel, c`est qu`en 1711, elle est dite "demeurant à Beauceville", donc assez éloignée de Beaumont…Mystère…! Et pourquoi Jacques Forgues, son frère, lui donne t-il une terre sur la seigneurie de Beaumont et pourquoi se permet-il de spécifier que Bernard Gontier, son beau-frère, n`a aucune prétention sur cette terre et que s`il y met les pieds, il reprendra la dite terre, même si le couple est marié en communauté de biens…Mystère…! Des pages sont à venir sur cette période obscure de la vie de Bernard Gontier et de sa seconde épouse Marie Françoise Forgues.

Voilà ! J`espère que vous apprécierez ces pages. Elles sont loin d`être complètes et finales car d`autres documents me parviendront des Archives Nationales du Québec. Donc, périodiquement, j`interviendrai avec des ajouts et d`autres interprétations au fur et à mesure que j`aurai de nouvelles sources d`informations. La généalogie étant une science et un art de par son essence, elle nous ouvre les portes à d`autres disciplines telles que la paléographie, la génétique et surtout l`Histoire. J`imagine que tous les Gauthiers, quel que soit le      patronyme de leur ancêtre, aimeraient aussi qu`on leur fournisse des explications sur différents thèmes qui reviennent souvent dans la documentation. Les Filles du Roi, les mesures et les monnaies, les contrats de mariages et la Coutume de Paris, ( qu`est-ce qu`un préciput, un préfix, un douaire, etc ) le régime seigneurial, les ordonnances des intendants et les modes d`administration qui se sont succédés, tant du Régime français que du Régime britannique après la signature du Traité de Paris en 1763 où la Nouvelle-France fut cédée à l`Angleterre. Et combien d`autres sujets sont à venir. N`ayez crainte, les sujets abordés le seront dans un vocabulaire simple et accessible à tous. De mon côté, je sollicite votre apport et votre aide. Si des faits m`ont échappés, si des affirmations sont erronées, si des dates vous semblent inexactes, si vous possédez des informations que je n`ai pas en mains, je vous prie de m`en faire part car je tiens beaucoup à la rigueur scientifique par rapport à l`authenticité, la véracité et l`historicité des évènements. Enfin, j`apprécierais de grand cœur les commentaires et les suggestions des lecteurs. Je vous donne à ces fins mon adresse de courriel.

BONNE  LECTURE !

Gérard Gauthier

gauge@videotron.ca

 

Liste de liens Retour à la page d`acceuil 

Copyright © 1999 Association de généalogie des familles Gauthier
Toute reproduction de ce site sans l'accord écrit préalable de ses auteurs est INTERDITE.