Charles Gaultier
dit Boisverdun

(c. 1618 - 1703)

(Ce texte est présenté tel qu'il a été publié par Michel Langlois)

"Fils de Philippe et de Marie Pichon, frère de Guillaume, époux d`Esther de Lambourg, et de Catherine, épouse de Denis Duquet, il épouse à Québec, le mardi premier août 1656, Catherine Camus, fille d`Hector Camus et de Jacquette Mondy, de Saint-Soulle, évêché de La Rochelle en Aunis. De leur union naissent huit enfants.


Il est mentionné pour la première fois au pays le 5 février 1651, quand les marguilliers de la fabrique de Québec lui vendent une terre de cinquante arpents à Cap-Rouge et la maison qui s`y trouve, au prix de 25 livres par années. Cette terre et maison ont appartenu à Jean Dumais. Il en prends officiellement possession devant le notaire Audouart le 14 février suivant. le 8 mai, le gouverneur Louis Dailleboust lui concède un emplacement d`un arpent par six arpents à la Grande-Allée. Le 5 octobre 1652, il reçoit le scapulaire de la Confrérie de Mont-Carmel. On le signale parmi les soldats de la garnison de Trois-Rivières en 1654. Il se départit de la concession reçue du sieur d`Ailleboust par une vente, le 6 juin 1656, à François Blondeau, au prix de 200 livres dont il lui donne quittance le 21 décembre suivant.

Le 10 novembre de cette même année 1656, René Mézeray lui fait don de cent pieds de terre de long par trente-six pieds à un bout, et soixante-six pieds à l`autre bout, près de sa maison de Cap-Rouge. Ce même Mézeray lui vend, au prix de 300 livres, sa concession et sa maison de Cap-Rouge le 8 février 1657. Son frère Guillaume Gauthier étant décédé le 26 juillet 1657, c`est lui qui est nommé tuteur de ses enfants mineurs. C`est à ce titre que le 23 avril 1658, il transige avec Nicolas Patenostre. Le premier août 1655, Patenostre a loué pour six ans la terre de feu Guillaume Gauthier. Il accepte d`annuler ce bail. Le même jour il reconnaît avoir renchéri de 400 livres au sujet de la vente de la maison de feu Charles Sevestre. Il s`engage à payer 400 livres pour couvrir les dettes de la succession. Le 2 mai suivant, il s`associe à Noël Jérémie dit Lamontagne et verse 250 livres pour faire partie des associés à la traite des fourrures de Tadoussac. Il est confirmé à Québec le 10 août 1659.

Sa mère, Marie Pichon, a épousé Charles Sevestre en deuxième noces. Quand il décède le 8 décembre 1657, en tant que tutrice de ses enfants mineurs, sa mère lui fait don, le 30 octobre 1660, d`une terre que le sieur Jean de Lauzon a concédée à feu Charles Sevestre, le 15 mai 1656. Elle lui donne également quittance de tous les comptes qu`ils ont eut entre eux. Il loue pour trois ans à Jean Durand dit Lafontaine, le 21 novembre de cette même année 1660, sa terre de la seigneurie de Gaudarville avec la pêche et la redoute sur un petit îlet, le tout pour neuf minots de blé par année et quinze mille anguilles mortes au sel. Au nom des héritiers de feue Marie Pichon et de feu Charles Sevestre, il donne quittance de 200 livres, le 18 septembre 1661, à Pierre Voyer d`Argenson, pour la nourriture et l`entretien de huit soldats, finissant au 30 septembre. Le 26 avril 1662, Michel Fillion s`engage à aller avec son bac lui chercher tout le bois appartenant au nommé Lafortune. Ce dernier le lui a cédé. Il s`engage à fournir deux hommes à Fillion pour ce travail et promet de lui verser 54 livres. Le même jour, les fermiers de sa terre de Cap-Rouge, Jean Durand et Jean Drouard annulent leur bail. En compensation, ils promettent de travailler pour lui du premier mai au premier novembre. Le 20 octobre suivant, il loue cette terre de Cap-Rouge à Nicolas Chesneau. Cinq jours plus tard, il fait une transaction avec son beau-frère Denis Duquet au sujet de deux terres qui leur reviennent de la succession de leur mère Marie Pichon. Ils partagent le tout de moitié.

Le sieur Charles de Lauzon-Charny lui fait transport, le 22 janvier 1663, d`une concession de trois arpents de front à Sainte-Famille de l`Île d`Orléans. Le 27 octobre suivant, avec succès, il réclame au Conseil Souverain, de Louis Godefroy de Normanville, la somme de 299 livres et 7 sols. Le 3 novembre de la même année, il demande élection d`un tuteur aux enfants mineurs de son défunt frère Guillaume Gauthier, car il doit aller à l`Île d`Orléans. Le 18 juin 1664, Charles Courtois et Laurent Denis sont condamnés à lui verser chacun 100 livres pour avoir chassé cinq de ses cochons dans le bois. Il déclare, le 3 juillet suivant, avoir payé 36 livres pour un engagé. On lui a remis un billet sur lequel figurait le nom de Jacques Lemoyne. À l`arrivée des navires, il est aller chercher son engagé, mais il ne reste qu`un nommé Pierre Lemoyne qui a été attribué au nommé Bilodeau. Ce dernier est parti avec Jacques Lemoyne. Il réclame son engagé et a gain de cause. Nicolas Chesneau qui a loué sa terre de Cap-Rouge annule son bail le 9 août suivant. Il doit cependant lui livrer avant de partir, quatre mille anguilles. Il est reçu à la Confrérie de la Saint-Famille au cours de cette années 1664.

Au recensement de 1666, il habite à Saint-Famille de l`Île d`Orléans. Mathias Campagna et Jacques Bouteleux travaillent comme domestiques chez lui. Au recensement de 1667, on inscrit son nom à Cap-Rouge où il possède neuf arpents de terre en valeur. Il est également inscrit par erreur au Cap-de-la-Madeleine. Il se dit bourgeois de la ville de Québec, le 3 juillet 1668, alors qu`il fait l`acquisition d`un emplacement de terre à la Haute-Ville, en faveur d`Octave Zappaglia sieur de Ressan. Le 25 octobre suivant, il emprunte la somme de 1000 livres à Charles Aubert de La Chesnaye. Il promet de lui rembourser le tout par une rente annuelle de 55 livres 11 sols et 2 deniers, dont il obtient quittance finale le 30 juin 1672. Le 3 octobre 1668, il échange la terre obtenue à Lauzon par succession de sa mère Marie Pichon, contre une concession appartenant à Michel Fillion au-dessus du Sault-de-la-Chaudière, près des terres des religieuses Hospitalières. Il loue pour un an à Nicolas Durand sa maison de la Basse-Ville de Québec, le 26 avril 1669, au prix de 120 livres. Pour rembourser ce qu`il doit aux marchands Lamotte et Giton de La Rochelle et à quelques autres particuliers, il contracte une obligation de 600 livres, le 24 juin suivant, envers Guillaume Baucher qui lui livre cent cinquante minots de blé. Il prête 200 livres à Jacques Genest le 23 octobre. Le lendemain, ce dernier lui fait don de tous ses biens meubles et immeubles.

En 1671, il est marguillier de Notre-Dame de Québec. Il rétrocède à Jacques Genest, le 22 février, les biens qu`il lui a donnés, à condition qu`il lui rembourse 173 livres. Le 14 juin, Claude de Bermen lui concède tout ce qu`il y a de terre de front par quarante arpents de profondeur entre les terres des Hospitalières et les siennes à Lauzon. Il vend sa maison et son emplacement de la rue Sous-le-Fort à Guillaume Baucher, le 30 juin, au prix de 2000 livres de principal et 10 livres de pot-de-vin. Il ne garanti pas cette maison ni l`emplacement. Il se retire dans sa maison de Cap-Rouge où René Mézeray lui vend un arpent de terre en carré, pour le prix de 250 livres, le 12 juillet de la même année. Il doit au marchand Alexandre Petit, le 23 octobre, la somme de 248 livres et 12 sols. Son épouse décède le premier mars 1673. Jean-Paul Maheu lui doit, le 14 juillet 1674, la somme de 60 livres pour des marchandises et son fermier Mathias Campagna la somme de 100 livres et cent-trois minots de blé, le 23 avril 1675. Nicolas Ferron dit le Marquis de Labresche s`engage à son service pour deux mois et demi, le 2 septembre 1675, moyennant 45 livres. Il en vient, le 20 mai 1677, à un accord avec Jean Niort, père et fils, qui ont loué se terre et qui ne l`on pas ensemencée. Ils promettent de lui verser six minots de blé et deux minots de petits pois et la moitié des anguilles prises dans la pêche attenante à cette habitation. Il achète de Pierre Nolan le 9 juillet suivant, au prix de 300 livres, la moitié de la barque La Sainte-Anne, du port de dix-huit tonneaux. Le 25 juillet, il loue pour trois ans sa pêche de Lauzon à Étienne Dumets, moyennant trois mille cinq cents anguilles saumurées par année. Le premier août, René Blanchard s`engage à son service pour tout le reste de la navigation, moyennant sa nourriture et 60 livres tournois, et le 9 août Pierre Rivau s`engage dans le même but à 25 livres par mois. Il termine cette année 1677 par l`échange de sa barque, le 31 décembre, contre celle du sieur Bertrand Chesnay de la Garenne. Ce dernier lui donne 30 livres de compensation.

Toujours préoccupé de faire valoir sa barque, le 29 mars 1678, il la loue pour tout le temps de la navigation, à Pierre Rivau, moyennant 220 livres. Le 27 avril, 1679, ce même Pierre Rivau lui doit 84 livres et 3 sols. Il s`engage également à faire réparer un grappin de la barque. Au recensement de 1681, il habite toujours sur sa terre de Cap-Rouge et possède un fusil et douze arpents de terre en valeur. Son voisin René Mézeray et lui se donne quittance, le 3 mars 1682, de toutes les affaires qu`ils ont passées entre eux, sauf l`achat de la maison et d`un arpent carré de terre, somme qu`il doit toujours à Mézeray. Le 10 janvier 1689, il doit 137 livres 3 sols et 9 deniers pour des marchandises à Charles Aubert de La Chesnaye. Ses activités diminuent par la suite. Il est témoin, le 21 mars 1698, à la concession faite d`une terre par Louis Deniort à son fils Louis Gauthier. Il vend au prix de 100 livres, le 9 septembre 1698, sa part d`un cinquième sur une terre reçue en héritage entre les seigneuries Dautray et Lavaltrie. Le 19 novembre 1699, il est condamné devant la Prévoté de Québec à payer à la Fabrique de Notre-Dame de Québec vingt-sept années d`arrérages de la rente de sa terre de Cap-Rouge. Il en vient à une entente avec les marguilliers pour tout couvrir les arrérages de rente en payant 500 livres. C`est dans le but de rembourser cette dette que , le 3 avril 1700, il vend à Louis Gauthier de la Pigeonnnière, au prix de 1000 livres, la moitié de sa terre de l`Île d`Orléans. Ce dernier s`engage à rembourser en son nom 500 livres à la Fabrique. Le même jour, le notaire Roger procède au partage de ses biens entre ses héritiers. Il décède à Sainte-Foy où il est inhumé le 9 février 1703. Signature numéro 464.

ANQ GN Audouart 05-02-1651; 14-02-1651; 06-06-1656; 10-11-1656; 21-12-1657; 30-10-1660; 21-11-1660; 26-11-1660; 18-09-1661; 26-04-1662; 25-10-1662; Peuvret 23-04-1658(2); 02-05-1658; 07-05-1658; Becquet 25-10-1668; 03-07-1668; Rageot G. 03-10-1668; 14-06-1671; 12-07-1671; 30-06-1672; 14-07-1674; 09-07-1676; 20-05-1677; 25-07-1677; 01-08-1677; 09-08-1677; 31-12-1677; 29-03-1678; 27-04-1679;03-03-1682; 10-01-1689; Fillion 23-10-1669; 24-10-1669; 03-04-1675; Vachon 22-02-1671; Duquet 02-09-1675; Chambalon 24-03-1698; 09-09-1698; Roger G. 02-01-1700; 03-04-1700 (2); JDCS I, 24-03-1663, p.41; I, 03-11-1663, p.49; I, 18-06-1664, p.209; I, 03-07-1664, p.223-224; I, 09-08-1664, p. 255; PQ Reg.4, 11-12-1671, fol. 187 r. AAQ RC 10-08-1659, ADNQ CS 05-10-162; CSF 1664."

Texte extrait de "Dictionnaire Biographique des Ancêtres Québécois" Tome II, Michel Langlois, ISBN 2-9800305-4-6, ISBN 2-9800305-6-2.

 

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