(NOTA: Trois articles concernant l'historique de Jean nous sont connus. Nous les reproduisons tels quels.)
Jean Gautier dit Larouche
(par Thomas J. Laforest)
"En novembre 1674, Alexandre Petit, un négociant de LaRochelle, importunait le forgeron, Jean Gaultier à Québec. Il a même menacé de le porter à la cour s' il ne payait pas ses dettes. Gaultier, souhaitant éviter la faillite, a recouru aux bons offices du Comte de Frontenac. Ce dernier a signé un billet à ordre, dans lequel il a demandé à Petit de reconnaître que Jean Gaultier avait aidé la construction d`un bateau pour le roi, lequel il n'avait pas été encore payé.
Petit s`est calmé et a reçu une promesse de recevoir ses 303 livres "dans de bonnes fourrures ou argent comptant" sur l'arrivée du premier bateau du Canada, en été de 1675. Ce document, certifié devant notaire par Pierre Duquet, fixe la date de l'arrivée de notre ancêtre au Québec en 1672. Après trois années d'expérience de Nouvelle- France, Jean Gaultier dit Larouche a établi sa maison.
Le 21 janvier 1675, il a marié Angélique Lefebvre dans l'église de Notre-Dame de Québec. Elle était la fille de Louis Lefebvre dit Battanville, un brasseur, et de Suzanne DeBure. Cette petite fille de Canadien de 13 ou 14 années a marié Jean, vieux de 30 ans, le fils de Mathurin Gaultier et de Catherine Loumeaux. Jean est venu du Saintonge, d'Echillais, Diocèse de Saintes en Charente-Inférieure, Arromdisemet de Marennes, Canton de Saint-Agnant, qui est à 5 kilomètres de Rochefort. Les visiteurs peuvent trouver dans Echillais une église de l`époque Romaine, enrichie au 13ème siècle, avec un portico plutôt bien préservé.
Le couple s`est fixé quelque part à Québec. Le 12 mars 1676, ils ont loué la maison de Pierre Bouvier. Le 27 juillet 1678, nous trouvons Bouvier demandant au Conseil Souverain d`expulser Larouche pour le non-paiement du loyer. La défense de Gaultier a indiqué une bonne volonté de payer excepté quelques guichets et cadres endommagés par le tonnerre. À la Saint Michel, la famille a été adjugée coupable et expulsée sous l'obligation de payer l'arriéré du loyer. Trois années plus tard, le 25 juin 1678, Jean a acheté un site "avec le bâtiment au-dessus" sur la rue du Sault-au-Matelot, une rue qui sert de lien entre le pied de la rue de la Côte-de-la-Montagne et la rue Saint-Paul dans la Basse-Ville. Le site, seulement 16 pieds de façade, doit avoir été assez profond. Nous savons que Antoine Caddé a eu un jardin là aussi bien que le matériel pour une boulangerie, prêt à assembler. Jean a payé 1000 livres pour cette propriété. Quand Jean a signé son contrat nous notons qu'il était taillandier fabriquant des outils de bord. Son épouse a également ajouté son initiale au document.
LEUR HÉRITAGE
À l'occasion de son contrat de mariage, signé avant Duquet le 2 janvier 1675, Angélique a été promis une avance sur l`héritage qu`elle devait recevoir de son père. Le 9 décembre 1680, Battanville, veuf de sa première épouse, a rencontré le couple Gaultier devant un notaire. Il lui lègue un morceau de terre au village Saint-Joseph dans Charlesbourg, de "deux arpents de façade par trente de profond sans bâtiments", situé entre Martin Moreau et Guillaume Vallade. Ce présent de Noël a-t-il expliqué le fait que dans le recensement de 1681, Jean Gaultier, résidant dans la Basse-Ville, a déclaré qu'il a deux vaches et douze arpents sous culture?
Le 16 avril 1686, Elie Jean dit Godon a indiqué un intérêt à acheter cette propriété de Charlesbourg pour la somme de 550 livres. Cependant ce contrat n'a mentionné aucuns bâtiments ni bétail. Plus tard, cette propriété a été retournée de nouveau au Gaultier. Le 1er décembre 1681, un autre héritage est tombé du ciel. Un certain François Jacquet dit Langevin, couvreur de toitures d'ardoise, avait laissé, en 1677, 200 livres en engagement à Claude Charron, en faveur de son filleul, François Gaultier. L'argent était payé et acquitté pour ce jour. Était-ce en raison de la bonté des parents envers Jacquet ou du charme du chéri François?
ÉCOLE PRIVÉE
Jean a forgé des outils fins, des couteaux bien gâchés et des instruments agricoles. Sa compétence et son talent ont attiré des apprentis. Son atelier est devenu presque une école, presque un internat! Le 21 février 1680, Pierre Mailloux et son épouse, lui confit leur fils âgé de 16 années en tant qu'apprenti. Jean était d'accord pour "montrer et instruire Joseph Mailloux dans son commerce en tant taillandier", et pour fournir la nourriture, le feu et la lumière, "tous les habillements et chaussures", et pour le traiter humainement pendant les trois années. Aucun salaire payé, aucun frais reçu. Le taillandier, Jean Choret, devant être parti en voyage à "Guine", a laissé son apprenti, Pierre Chabot, à Gaultier. Cette fois, Jean devait payer 8 livres par mois à son aide provisoire et le vêtir "raisonnablement". Ceci a fait l'objet d'un accord le 10 juillet 1684.
L'année suivante, Charles Dutaut, un résidant de Champlain, est allé à Québec placer son neveu, Pierre Teway, qu`il a en tutelle, âgé de 15 ans, en tant qu'outilleur-apprenti. Gaultier a pris le jeune pendant 4 années dans presque les mêmes conditions que ceux de Pierre Mailloux.
Au recensement de 1681, nous découvrons encore un autre apprenti, François Guay, dans le ménage de Gaultier. Il était le fils de Gaston et de Jeanne Prévost. Une plainte a été enregistrée pendant cette période par Jean Gaultier contre un Guillaume Pagé, outilleur, pour avoir laisser son apprentissage trois mois trop tôt. Guillaume a été défendu par son père Raymond, un résidant de Beaupré, sans succès. Le garçon était trouvé coupable le 24 octobre 1678. Comment Madame Gaultier a-t-elle nourrit et vêtit tous ces internes affamés? Nous savons que dans 1681 elle a eu une servante âgé de 15 années. Anne Crépeau, fille de Maurice et future épouse de Nicolas Baillargeon.
UNE NOUVELLE MAISON
Comme on pouvait l`imaginer, les Gaultier étaient très à l'étroit. Ainsi, en janvier 1684, Étienne Leroy engagé par Jean pour effectuer "le travail en pierre sur la maçonnerie" dans sa nouvelle maison, jusqu'aux pignons, incluant une cheminée, etc... Gaultier lui donnerait 100 livres pour ce travail. Léonard Paillard, un charpentier de Beauport, a effectué le travail sur la maison, qui a eu deux étages et un toit fait en pointe. Le bâtiment mesurait 16 pieds de large par 30 pieds de long avec un pignon à l'arrière. En même temps, qu`ils bâtissaient la nouvelle maison, ils détruisaient la vieille. Paillard devait recevoir 150 livres pour son travail. Claude Baillif, architecte et ami, a signé comme témoin au contrat.
UNE STATUE ET MALHEUR
Le mercredi, 6 novembre 1686, il y avait une célébration. L`administrateur Bochart de Champigny n'avait omis rien pour le dévoilement de la statue de Louis XIV sur la Place Royale dans la Basse-Ville de Québec. Pour célébrer, pour se recueillir, pour discuter et danser, avec de la boisson et peut-être pour jeter une larme dans la mémoire nostalgique de la mère patrie lointaine. L'ancêtre Jean Gaultier, plein de joie exubérante, mis la main sur un vieux fusil de chasse et commençât à harceler par espièglerie un petit négociant de Paris, Henri Petit dit Bruneau. Jean ne savait pas que l'arme était chargée ou il ne s'en est pas inquiété. Le coup est parti, Petit est tombé vers l'arrière, mortellement blessé. Dans la confusion, il a été porté à l'hôpital, où il est mort 13 jours plus tard. Le 18 décembre 1686, Jean Gaultier a été accusé du meurtre et trouvé coupable par la Prévôté de Québec. Il a été condamné à être porté à l'entrée de la cathédrale, "pour faire le dédommagement honorable, la tête découverte, une corde autour de son cou, et une torche brûlante dans sa main". Il serait exilé alors de la ville pour toujours. Notre malheureux ancêtre fait appel au Conseil Souverain dix jours plus tard, plaidant "non coupable" et sa sentence a été permutée. Il a dû verser 300 livres à la veuve de Petit, 100 livres au Roi, sans mentionner les coûts de cour. Tout le même, cet événement malheureux était une catastrophe morale et économique pour Gaultier.
En décembre 1688, Angélique et Jean ont fait leur "donation" à Marie-Charlotte et à Marie-Madeleine Lefebvre, soeurs de Madame Gaultier. Le 27 mai 1690, Jean Gaultier dit Larouche est mort et a été enterré à Québec. Il était âgé de 45 ans, un homme charmant, abattu dans l'esprit par les événements mentionnés ci-dessus.
UN GRAND ARBRE
Ils y avaient sept enfants dans la famille de Gaultier:
François, baptisé le 12 octobre 1675 à Québec, un outilleur comme son père, qui épouse Louise Augran de qui il eut quatre enfants.
Catherine-Angélique née dans la Basse-Ville de Québec et baptisée le 25 avril 1677. Une ancienne étudiante des Ursulines, elle a épousé Pierre Sampson en 1695 et plus tard elle a épousée Edouard Clément.
Jean-Baptiste, également né dans la Basse-Ville, a été baptisé le 18 juin 1679 et est mort le 14 avril 1699.
Geneviève, née dans la Basse-Ville et baptisée le 8 juin 1681, a épousé Michel Cadet en 1703. Plus tard elle a épousé François Rageot.
Claude a été baptisé le 23 décembre 1684 à Québec et a marié Marie-Françoise Gagné à Baie Saint-Paul en 1712, puis a déménagé à Petite-Rivière. Ses descendants sont aujourd'hui très nombreux, particulièrement dans le comté de Charlevoix et dans la région du Saguenay et du Lac Saint-Jean. (quelques-uns ont même vagué aux Etats-Unis prenant le nom de famille LaRouche)
Pierre a été baptisé le 27 avril 1687 à Québec et est mort à Hôtel-Dieu le 20 novembre 1708. Il était le forgeron du Séminaire.
Hilaire, a été baptisé le 22 octobre 1689 à Québec et est mort le 15 février 1690.
La veuve Angélique Lefebvre n'a pas pleuré pour longtemps, parce qu`en septembre de 1690 elle a épousé un charpentier, Pierre Brunet de Saint-André de Niort dans le Poitou. Ils ont eu trois garçons: Jean, Pierre et Louis.
En 1694, le couple procède à l`inventaire des biens Jean Gaultier. Dans ce long document, tout ce qui a une valeur a été mentionné et beaucoup de ce qui n`en avait pas. Par exemple, le "vieux fusil avec environ 4 pieds de baril, l'écumoire de fer, la râpe de noix de muscade", etc... Après l`inventaire, le 3 mai 1695, le patrimoine a été divisé entre les six enfants vivants. La maison, évaluée par Jean LeRouge à 3580 livres serait louée. Françoise, en raison de la transmission de son parrain, a obtenu les outils et le matériel de taillandier et de la fabrication d'outil de bord. La propriété au village de Saint-Joseph à Charlesbourg, est restée dans les mains de Angélique Lefebvre: Pierre et Angelique le vendraient à Joseph Blondeau dit La Franchise le 12 mai 1695.
Le premier religieux est apparu dans la quatrième génération: Thomas-Augustin Gauthier-Larouche, né à Baie Saint-Paul le 22 février 1816, fils de Gaspard et Marie Bettez. Il a servi de prêtre et de curé à sept paroisses au Québec, se retirant le 14 mars 1876 à Baie Saint-Paul où il est mort."
(Cet article a été publié dans "Nos ancêtres Canadiens-français" par Thomas J. Laforest, Vol. II. Ce livre a été édité par LISI PRESS, tous droits réservés 1990. L'histoire du dit Larouche de Jean Gaultier (Gauthier) est trouvée en chapitre 11 du Vol. II. Les histoires dans le livre sont apparues la première fois dans la revue Sainte-Anne.)
Jean Gautier dit Larouche(par Michel Langlois)
" Fils de Mathurin Gautier et de Catherine Loumeaux, d'Échillais, évêché de Saintes en Saintonge, il contracte mariage devant le notaire Duquet (contrat perdu), le mercredi 2 janvier 1675, avec Angélique Lefebvre, née vers 1661, fille de Louis Lefebvre et de Suzanne De Bure, et l`épouse à Québec, le lundi 21 janvier 1675. De leur union naissent sept enfants.Ce taillandier se trouve à Québec dès 1671. Il y est à la suite d`un contrat d`engagement pour le roi, comme nous le confirme un acte du 10 novembre 1674. Il doit 300 livres au marchand Alexandre Petit qui a accepté de verser cette somme à ses nombreux créanciers, c`est-à-dire, les sieurs Nolan, Descarreaux, Battanville, de Villeray et Dubuc. En garantie de remboursement, il fait transport au sieur Petit de ses deux dernières années de gages qui lui sont dues, pour avoir ferrer le vaisseau construit par sa majesté en ce pays. Il donne procuration au sieur Petit d`aller percevoir ses gages auprès de monsieur de Terron, intendant de sa majesté au pays d`Aunis.
Il s`établit à Québec dans une maison de la rue Sous-le-Fort que le taillandier Pierre Bouvier lui loue pour trois ans, le 12 mars 1676, au prix de 120 livres. Il doit s`y construire une forge à ses frais. Chicanier, il comparaît la plupart du temps par sa femme, plus de soixante-dix fois entre 1675 et 1690 à la Prévôté de Québec, pour toutes sortes de causes mineures à l`exception d`une dont nous reparlerons. Le 25 juin 1678, Antoine Caddé lui vend un emplacement de seize pieds de front sur la rue du Sault-au-Matelot, pour le prix de 1000 livres. Après, s`être chicané en justice avec Pierre Bouvier au sujet du loyer de sa maison, il en vient à une entente avec lui le 10 août suivant, et s`engage à lui verser 60 livres. Le 26 août, il exige que son domestique Guillaume Paget prouve les mauvais traitements qu`il prétend avoir reçu de lui. On oblige Paget à terminer son engagement chez lui, mais ils en viennent à une entente le 2 novembre suivant, et Paget quitte son service en lui versant 165 livres.
Il continue à prendre des apprentis à son service. Le 21 février 1680, Pierre Maillou lui engage, pour trois ans, son fils Joseph âgé de seize ans, moyennant "feu lict hostel luminaire vivres" et entretien de ses hardes et de ses chaussures. Il s`engage également à le traiter humainement. Pourtant, le 17 décembre suivant, il se présente à la Prévôté de Québec et exige que son apprenti revienne à son service. On demande à deux chirurgiens d`examiner le jeune Maillou. Le 14 janvier 1681, suite au rapport des chirurgiens, on retire définitivement Joseph Maillou de son service. Entre temps, le 9 décembre 1680, pour éviter un procès avec son beau-père Louis Lefebvre au sujet de la succession de sa belle-mère, feue Suzanne De Bure, il accepte son offre. Ce dernier lui cède une habitation de deux arpents de front par trente de profondeur au village Saint-Joseph de Charlesbourg. Au recensement de 1681, il possède un fusil, deux vaches et douze arpents de terre en valeur. Il donne quittance, le premier décembre 1681, à Jean Charron dit Laferrière, de la somme de 200 livres, que feu François Jacquet a léguée par testament à son fils François Gautier.
Le 11 janvier 1684, il passe un marché de maçonnerie avec Étienne Leroy. Ce dernier promet de lui faire tous les ouvrages de maçonnerie de sa maison, moyennant 100 livres, à condition qu`il fournisse les ouvriers et les matériaux. Léonard Paillard s`engage pour sa part, le 30 mai suivant, à lui construire une maison de seize pieds de front par trente-six pieds de profondeur, moyennant 150 livres. Jean Choret qui part en voyage de guerre, le 10 juillet 1684, lui cède pour la durée de son voyage le jeune Pierre Chabot qu`il a en apprentissage. Charles Dutault, tuteur de Pierre Lemay, âgé de quinze ans, le lui engage comme apprenti pour quatre ans, le 25 février 1685, moyennant sa nourriture, son logement, des hardes neuves au terme de son engagement et 40 livres tournois. Le 16 avril 1686, il vend sa terre du village Saint-Joseph, au prix de 500 livres, à Élie Jean dit Godon qui promet de rembourser par une rente annuelle de 27 livres et 10 sols. Cette année de 1686 se termine mal pour lui. Lors de l`inauguration du monument du roi Louis XIV à la basse-Ville de Québec, il tire un coup de fusil et blesse le marchand Henri Petit qui meurt par la suite. Traduit devant le juge de la Prévôté de Québec, le 18 décembre 1686, il est condamné pour meurtre, à faire amende honorable sur la place publique, corde au cou et torche en main, et est banni à perpétuité. On l`oblige de plus à verser 2000 livres d`intérêt civil à la veuve et aux héritiers. Il en appelle de cette sentence au Conseil Souverain en prétextant de son innocence. Il a pris par mégarde le fusil d`un autre, lequel était chargé et a tiré ce coup sans le vouloir. Le Conseil Souverain reçoit son appel et commue la sentence en une amende de 300 livres seulement.
Le 29 décembre 1688, avec son épouse, il fait don de tous leurs biens meubles et immeubles à Marie-Charlotte et Marie-Madeleine Lefebvre, ses belles-soeurs, pour tous les soins qu`elles leur donnent. Il en vient à un compromis, le 26 février 1690, avec Léonard Paillard qui a vendu ses droits sur un mur mitoyen séparant leur maison de celle du sieur De Niort. Il décède à Québec oû il est inhumé le 27 mai 1690. Sa veuve épouse Pierre Brunet en deuxièmes noces à Québec, le 4 septembre suivant. Elle fait procéder à l`inventaire des biens par le notaire Chambalon, le 10 mai 1694. Ses outils de taillandier valent 133 livres et 15 sols. Il possède également plus de cinquante outils de menuisier d`une valeur de 48 livres et 10 sols. Sa maison est évaluée par Robert Choret à 3580 livres. Il possède encore sa terre du village Saint-Joseph, le contrat de vente n`a pas dû avoir de suite. Pierre Motrel et Guillaume Valade estiment cette habitation à 300 livres."
Extrait de "Dictionnaire Biographique des Ancêtres Québécois" 1999 par Michel Langlois.
Jean Gautier dit Larouche
(par Julien Déziel)
"Samedi, le 28 décembre 1686. Extraits du procès criminel fait par le lieutenant-général de la Prévôté de Québec. Requête de Joseph Petit-Bruno et de Simon Jarent, marchands des Trois-Rivières demandeurs et accusateurs. Dans le cas de meurtre de Henri Petit, marchand de Paris, frère de Bruno et beau-frère du dit Jarent, le Procureur du Roy enjoint contre Jean Gauthier dit Larouche, taillandier de Québec, accusé davoir tiré un coup de fusil sur Henri Petit ( ) ce dont il est mort. Le Conseil ordonne à larquebusier Nicolas Gauvreau pour une expertise à savoir si Gauthier peut avoir tiré avec un autre fusil que le sien ; du temps que Gauthier prit ; et pourquoi un autre fusil que le sien propre. Laccusé doit cautionner de 25 livres pour les faits de cour.
Le même jour furent convoqués en prison, en la chambre du geolier, Larouche, Gauvreau, les nommés Marquis, huissier, Labrèche, Jos Vandandaigue dit Gatebois, etc.
Mercredi, 27 février 1687, Larouche est condamné à faire amende honorable, tête nue, corde au col, une torche ardente au poing et là, à deux genoux, demander pardon à Dieu et au Roy et à la justice et ensuite à avoir cheveux coupés, à être banni à perpétuité de la ville et banlieue, à payer 50 livres à Sa Majesté, 2000 livres dintérêts civils, soit 1,500 livres à la veuve et héritiers et 500 livres à Bruno et Jarent, plus dépens du procès.
Quant à Labrèche (Jean-Baptiste Delque-Labrèche) qui "sortit de la milice assemblée et alla ailleurs y ayant laissé le fusil quil avait porté chargé de plomb, encore quil en eût été averti par celui dont il lavait emprunté ayant en ce faisant été cause que le dit Gauthier lavait pris ne trouvant plus le sien Le Conseil condamne le dit Delguel à 25 livres dintérêts civils à la veuve et héritiers " etc.
Registre de la Prévosté de Québec, 1687, Archives du Québec."
Source: Les Mémoires de la SGCF vol XVI (1965), par Julien Déziel.
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À lire: 1645 "La Carcasse de Navire" Larouche, par Gérard J. GAUTHIER (Les Éditions du Savoir, 1995,477).

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