(NOTA: Deux articles concernant l'historique de René nous sont connus. Nous les reproduisons tels quels.)

 

René Gaultier Sieur de Varennes

(c. 1636-1689)

 

Fils d`Adam-Pierre de La Varandière et de Bertrande Gourdeau, de Bécon. évêché d`Angers en Anjou, il contracte mariage devant le notaire Ameau, le jeudi 22 septembre 1667, avec Marie Boucher, baptisée à Trois-Rivières, le lundi 8 mars 1655, fille de Pierre Boucher, gouverneur de Trois-Rivières et de Jeanne Crevier, et l`épouse à Trois-Rivières, le lundi 26 septembre 1667. De leur union naissent onze enfants. 

Il est lieutenant de la compagnie du sieur de Arnoult de Broisie de Laubias, au régiment de Carignan-Salière. Il arrive au pays le 13 septembres 1665, à bord du navire Le Saint-Sébastien. Il reçoit le scapulaire du Mont Carmel le 22 novembre suivant. La compagnie du sieur de Laubias est cantonnée à Trois-Rivières en 1666 et 1667. Deux après son contrat de mariage en 1667, en raison de sa participation à la guerre contre les Iroquois, il fait don, en cas de mort, de tous ses biens ;a sa future épouse. Son beau-père Pierre Boucher qui désire aller s`établir dans sa seigneurie de Boucherville lui cède son poste de gouverneur de Trois-Rivières. Il participe à l`expédition du sieur de Courcelles en 1671. À l`automne de cette même année, il traverse en France pour en revenir au printemps 1672, porteur de la lettre le nommant officiellement, le 6 juin 1672, gouverneur de Trois-Rivières. 

Comme les autres officiers du régiment de Carignan demeurés au pays, il obtient des terres. Le 29 octobre 1672, l`intendant Jean Talon lui concède les seigneuries de Varennes et de Du Tremblay. Il achète de Jacques Aubuchon,le 30 novembre 1674, une place de vingt toises carrées au bourg de Trois-Rivières: il paie le tout 40 livres. Il loue sa terre seigneuriale de Du Tremblay pour trois ans à Jacques Ménard de Boucherville, le 6 avril 1675, moyennant cinquante minots de blé français, dix minots de pois et dix minots d`avoine. Jeanne Évard, veuve de Christophe Crevier, fait don à son fils Louis d`une terre de dix arpents de front par cent arpents de profondeur au-dessus de Trois-Rivières le 17 avril suivant. Il l`accepte au nom de son fils. Il loue la terre de son fief de Varennes pour trois ans, le 18 juillet de la même année, à Pierre Girard et Jean Forget, moyennant quatre-vingt minots de blé. le 20 juillet suivant, il cède le Grand Îlet le plus proche de l`Île Ste-Thérèse à Sidrac Dugué de Boisbriant. Pierre Disy dit Monplaisir lui vend, le 11 juillet 1676, une place de douze toises par vingt toises voisine de celle où il habite à Trois-Rivières. 

Au recensement de 1681, il possède quatre fusils, vingt bêtes à cornes et quarante arpents de terre en valeur. Il doit entretenir la garnison de Trois-Rivières qui est composée de six personnes. Comme gouverneur de Trois-Rivières, il s`occupe également de l`église de l`endroit. C`est lui qui, le 18 mai 1683, passe un marché avec Jean-Guy Vacheur dit Lacerte pour faire réaliser la menuiserie d`un balustre, des portes et des châssis de l`église au prix de 140 livres. Avec les marguilliers, le 30 juin suivant, il confie au couvreur Michel Lefebvre, la tâche de couvrir l`église de vingt mille bardeaux, pour la somme de 350 livres. On sait qu`il n`est pas fortuné. En raison de son poste de gouverneur, il n`a pas le temps de s`occuper de ses seigneuries qui ne lui rapportent rien. Pour faire vivre les siens décemment, il s`intéresse à la traite de fourrures. De passage à Québec, le 8 octobre 1683, il doit 12,000 à Charles Aubert De La Chesnaye pour des marchandises. Il promet de le rembourser sur douze ans, à raison de 1000 livres par année payables au moyen de 600 livres en argent ou en pelleteries et 400 livres de denrée du pays comme du blé etc. Il concède une terre dans sa seigneuries de Varennes à François Haupin en 1684. La fabrique lui donne une quittance, le 12 mai 1686. L`intendant De Meules, dans une lettre au ministre, en date du 28 septembre suivant,  se plaint du fait qu`il fait directement la traite des fourrures avec les Amérindiens, malgré les ordonnances qui le défendent. Le roi, dans une missive du 30 mars 1687, l`avertit qu`il a été informé de cette situation. C`est sans doute dans le but d`aller directement faire part de sa situation financière difficile qu`il obtient l`autorisation de passer en France, le 24 mai 1689. Il ne peut malheureusement mettre ce projet à exécution, car il décède à Trois-Rivières le 4 juin 1689 et y est inhumé le lendemain. Signature numéro 466. 

Extrait du « Dictionnaire Biographique des Ancêtres Québécois » de Michel Langlois. 

ANQ GN Ameau 22-09-1667; 24-09-2667; 06-06-1672; 30-11-1674; 17-04-1675; 11-07-1676; 18-051683; 30-06-1683; 12-05-1686; Frérot 06--04-1675; 20-07-1675; 18-07-1675; Genaple 08-10-1683; Moreau 1684; CFS 29-10-1672,I,p.127. ANDQ CS 22-11-1665. BRH vol. 23, 118-122. Langlois Michel, SC (ouvrage inédit).

 

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René Gaultier de Varennes

(1635 - 1689)

René Gaultier de Varennes, officier du régiment de carignan-Salières, seigneur, gouverneur de Trois-Rivières, né vers 1635 à Bécon (Anjou) d`Adam-Pierre Gaultier de La Vérenderie et de Bertrande Gourdeau, décédé le 4 juin 1689. 

Il appartenait, comme lieutenant, à la compagnie d`Arnoult de Briosle de Loubias, cantonnée à Trois-Rivières à l`automne de 1666. le 26 septembre 1667, il épousa Marie, âgée de 12 ans, fille de Pierre Boucher, gouverneur de Trois-Rivières. Le contrat de mariage, passé devant le notaire Séverin Ameau le 22 septembre, stipulait que Boucher nourrirait sa fille et le futur époux durant une période de six mois et que l`on prierait M. de Rémy de Courcelle, gouverneur de la Nouvelle-France, de bien vouloir obtenir pour Varennes la charge et les provisions de son beau-père. 

Pierre Boucher avait en effet décédé de quitter Trois-Rivières pour s`établir dans sa seigneurie de Boucherville, ce qu`il fit en 1667. René Gaultier assuma probablement la charge de gouverneur dès son départ, mais il ne figure comme tel, dans les registres conservés, que le 10 juin 1668. Sa nomination officielle viendra en 1672. 

En 1671, Gaultier de Varennes prend part à l`expédition de Courcelle au lac Ontario, où il fait bonne figure. En octobre de l`année suivante, Talon lui accorde les seigneuries de Varennes et de Du Tremblay « en considération des bons, utiles et louables services qu`il  rendus à sa Majesté en différents endroits, tant en l`ancienne France qu`en la Nouvelle... ». En outre, le gouverneur de Buade de Frontenac lui concède en fief noble, en 1673, la seigneurie de La Vérenderie, dite aussi La Gabelle. 

En 1681, ce dernier écrit à Colbert que les « sieurs de Varennes et Boucher, son beau-père, ont chacun cinq canots et dix hommes de traite dans les bois ». ce supplément de revenus n`empêche pas le gouverneur trifluvien de vivre dans la pauvreté, tant ses appointements sont médiocres. Comme gouverneur, il reçoit, au début 1200 livres par année, puis à partir de 1685, 3000. Par surcroît. il doit entretenir à ses frais l`officier et sept soldats de la garnison  de Trois-Rivières. D`autre part, ses trois seigneuries rapportent fort peu, puisque leur population totale, en 1681, est de 101 habitants. Du Tremblay en groupe alors 30, n`a que 67 arpents de terres cultivée et 3 bêtes à cornes pour tout bétail. A Varennes, il n`y a que 71 habitants, 218 arpents de terre en culture et 57 bêtes à cornes. Quant ai fief de La Gabelle, il n`est pas peuplé. 

Gaultier s`y rend parfois pour rencontrer les Indiens et faire avec eux une traite clandestine qui lui vaut des remontrances de la cour. L`intendant Demeulle, en particulier, s`en plaint vivement dans une lettre datée du 28 septembre 1685: « M. De Varennes, gouverneur des Trois-Rivières, écrit-il, se sert de son autorité pour faire seul le commerce avec les Sauvages dans un lieu nommé la Gabelle à quatre lieus des Trois-Rivières, ce qui est défendu par les ordonnances de Sa Majesté qui ne le permettent qu`aux trois-Rivières. je nay pas laissé d`en dire plusieurs fois mon sentiment au d. sieur de Varennes, qui na pas paru en estre fort satisfait. » Et ce, tellement que Demeulle doit, s`il fait l`en croire, subir les foudres du cousin de Gaultier, M. de Montortier, et du gouverneur de Brisay de Denonville. Ce dernier aurait même fait remarquer à l`intendant qu`en France « les Intendants allaient après le gouverneur », ce à quoi il lui fut retorqué « qu`il fallait proprement regarder ces gouverneurs (tel celui des Trois-Rivières) icy comme des Majors ou simples commandans ». D'ailleurs, M. de Varennes n'a-t-il pas épousé « la fille d'un homme qui les a servy en qualité de cuisinier, ce mesme homme, en premières noces a espousé une femme sauvage ». 

En mars de l`année suivante, le roi faisait savoir au gouverneur de Trois-Rivières qu`il avait été informé du commerce qu`il faisait et qu`il espérait que cela n`arriverait plus. Quoi qu`il en soit, M. de Denonville devait recommander le renouvellement de la commission de Gaultier de Varennes en soulignat: « c'est un très-bon gentilhomme qui n`a de vice que la pauvreté ». Celui-ci vit donc sa commission renouvelée tous les trois ans jusqu`à sa mort. 

Sa jeune veuve lui survécut 44 ans. Elle passa d`abord quelques années chez son père, à Boucherville, s`installa ensuite à Varennes et, en 1712, gagna définitivement Montréal. Elle appartenait à l`une des plus illustres familles du Canada, les Boucher, à la renommée de laquelle elle contribua largement, car ses neufs enfants jouèrent, pour la plupart, un rôle prédominant en Nouvelle-France. 

Albert Tessier - Historien, Préfet des études au séminaire des Trois-Rivières. 

(Documents inédits, Les Gaultier de La Vérenderie en France et au Canada et leurs relations par delà l`Océan, éd. Antonio Champagne, RHAF, XII (1958-59): 262-267, 411-42; XIII (1959-60): 97-122; Documents et renseignements inédits sur La Vérendrye et sa famille, éd. Antonio Champagne, BRH, LXII (1956): 60-75, 171-193. Documents sur Pierre Gaultier de La Vérendrye, éd. Jean-Jacques Lefebvre, RAPQ, 1949-51: 33-67. NYCD (O`Callaghan and Fernow), Ix. -Ivanhoe Caron, René Gaultier de Varennes, gouverneur des Trois-Rivières, BRH, XXIII (1917): 117-125. -Aegidius Fauteux, Les Gaultier de Varennes et de La Vérendrye, BRH, XXIII (1917): 244-249. -Benjamin Sulte, Les Gaultier de Varennes, RC, X (1873): 781-789, 849-856, 935-950; Les Gouverneurs des Trois-Rivières, BRH, II (1896): 69, 72; Officiers de Carignan, BRH, XVII (1911): 193-197; La Vérenderie avant ses voyages au Nord-ouest, BRH, XXI (1915): 111.).

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