HISTORIQUE

Maison du pionnier Jules Gauthier

Moulin du père Honorat au Grand-Brûlé

            L’arrondissement de Laterrière, autrefois appelé GRAND-BRÛLÉ, fait partie aujourd’hui de la conurbation urbaine du Haut-Saguenay appelée à tort ou à raison VILLE DE SAGUENAY ou tout simplement SAGUENAY.

            Le pionnier Jules Gauthier, navigateur au long cours et cultivateur de St-Irénée en Charlevoix, y serait arrivé le 4 septembre 1852 en compagnie de son épouse Marie Girard pour venir prendre possession des 14 lots des pères Oblats au Grand-Brûlé de Laterrière suite au rappel du père Honorat par son supérieur en 1849. Cette transaction, réalisée au coût de 1 800 piastres, était conditionnelle à l’échange d’un demi lot détenu par Jules à St-Irénée.

            Jules Gauthier commença probablement la construction de sa maison peu de temps après son arrivée alors que le moulin du père Honorat existait déjà pour la commodité des colons venus de Grande-Baie et installés sur les terres déjà défrichées partiellement suite à un grand feu.

            Le moulin du père Honorat , ainsi baptisé par l’éminent historien Victor Tremblay en l’honneur de son fondateur, le père oblat Jean-Baptiste Honorat, a été érigé en 1846. Ce missionnaire avait vu dans le grand feu de 1846 l’occasion de libérer les travailleurs de la servitude des chantiers de la coupe du bois et qui vivaient craintivement et pauvrement sous la férule de William Price et de son associé Peter Mc Leod jr. Se prêtant bien à l’établissement d’une nouvelle colonie, il avait découvert un grand brûlé, résultant du feu de 1841. C’est donc en s’associant une trentaine de bûcherons venus de Grande-Baie (aujourd’hui arrondissement Ville de la Baie de Saguenay) qu’il entreprit son œuvre de colonisation. En amont du site choisi pour ériger le moulin, il avait également découvert une tête d’eau qui servirait à alimenter la scierie et la moulange établies sous le même toit. Ce moulin fut dès lors l’élément clé de cette fondation qui devint la première colonie libre en Amérique du Nord.

            Devenu extrêmement dérangeant pour ces deux personnages, Price et Mc Leod jr, le bon père Honorat dut quitter en 1849 le Saguenay et sa fondation du Grand-Brûlé. Le domaine oblat, y compris le moulin et autres bâtiments, fut vendu le 20 janvier 1853 à Jules Gauthier. Après avoir été maintenu en service jusqu’au début des années des 1940, le moulin, ayant fermé ses portes, fut complètement abandonné jusqu’à la vente de ses ruines en 1969.

            Et ces ruines ont toute une histoire.

            C’est le 27 mai 1969 que ce moulin changea pour la première fois de mains depuis sa vente à Jules Gauthier, et c’est pour ainsi dire grâce à l’intervention de la providence, car n’eût été l’entrée en action de Mme Hélène Vincent, il ne resterait aujourd’hui aucune trace de ce moulin, sa démolition faisant la même année partie d’un projet auquel n’échappa malheureusement pas l’ancienne scierie des Gauthier.

            Journaliste à cette époque, Hélène Vincent effectuait un reportage à Laterrière où était présent le ministre des Affaires culturelles du Québec, Jean-Noël Tremblay. Ce dernier, ayant si bien vanté les beautés de ce village, Mme Vincent allait s’y attarder quelques heures. C’est effectivement en y faisant un tour d’horizon qu’elle découvrit, abandonnées au bout d’un étroit chemin, les ruines du moulin qui l’ont immédiatement séduite.

            Avec l’aide de son mari, Henri Lapointe, attaché à son passé dû à la profession de ses ancêtres, et de la collaboration de leurs fils, elle entreprit la restauration de ce moulin qualifié par Mgr Victor Tremblay de berceau ayant favorisé la naissance de la colonie du Grand-Brûlé. Ce n’est toutefois, après y avoir investi de nombreux efforts, qu’en 1973 qu’elle obtint son classement historique, mais seulement après avoir consenti à la démolition du nouveau toit et à sa reconstruction en observant les normes à celui d’origine. –Difficile mission réalisée non par ambition mais par un attachement profond et sincère à tout ce qui nous vient du passé- nous dit Mme Vincent.

            Le moulin fut ouvert au public, une fois terminées toutes les rénovations qui s’imposaient tout en conservant les choses restaurées du passé et en maintenant une certaine atmosphère de mystère, comme si les premiers opérateurs du moulin y travaillaient encore. Mme Vincent habitait le moulin et recevait des dizaines de visiteurs dont elle servait de guide averti. Hélas, la cupidité et l’incurie humaines eurent tôt fait de se manifester ! Des visiteurs s’emparèrent de précieux objets rejaillis du glorieux passé du moulin. Certains poussèrent l’audace et l’impudeur jusqu’à s’emparer de choses personnelles de Mme Vincent même dans les tiroirs de sa chambre à coucher !

            Mme Vincent dut se résoudre à fermer le moulin aux visiteurs. Et actuellement, je crois qu’elle y habite encore.

            Voilà, succinctement, l’histoire du moulin du père Honorat.

Gérard Gauthier. gauge@videotron.ca pour vos commentaires.

                        Un article signé Marie Claude Bouchard  paru dans une revue promotionnelle commerciale : LATERRIÈRE, PORTE OUVERTE, p.38 dont je n’ai d’autres informations, ayant reçu d’un ami 1 seule page détachée de la revue en question.


 

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Maison de Monsieur Jules Gauthier au GRAND-BRÛLÉ.

(Source Musée McCord - ferme A. Gauthier, Grand Brulé, Saguenay, ca 1906: Wm. Notman & Son - VIEW-4072)

 

 

 

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La maison Jules Gauthier vue sous un autre angle

Source et date : inconnues mais provenant d'une revue promotionnelle et commerciale, "Laterrière, porte ouverte" dont je n'ai eu qu'une seule page et l'article est signé par Marie Claude Bouchard

 

 

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Le moulin du père Honorat en ruines avant 1969

Source et date : inconnues mais provenant d'une revue promotionnelle et commerciale, "Laterrière, porte ouverte" dont je n'ai eu qu'une seule page et l'article est signé par Marie-Claude Bouchard.

 

 

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Le moulin après restauration en 1973

On a démoli la toiture et on l'a refaite selon les normes

Source et date : inconnues mais provenant d'une revue promotionnelle et commerciale, "Laterrière, porte ouverte" dont je n'ai eu qu'une seule page et l'article est signée par Marie Claude Bouchard.

 

 

 

 

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Moulin du Père J.B Honorat, Oblat, tel que visible de nos jours situé sur la rivière du Moulin à Laterrière (GRAND-BRÛLÉ) et restauré en 1965 par Hélène Vincent, artiste-peintre qui y résidait en 2004. Il a servi de moulin à farine et de moulin à scie pour les colons du GRAND-BRÛLÉ.

Construction terminée vers 1863 et exploité par les descendants de Jules Gauthier. (Source : Image-Québec No : 22089)

 

 

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Photo ca 1870

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Photo ca 1885

 

 

Notes historiques sur le GRAND-BRÛLÉ 

Nous sommes en attentes de renseignements supplémentaires de Gérard  Gauthier, il doit faire quelques recherches.  

Voiçi ce que Gérard Gauthier connaît de cette maison :  

Cette maison existe encore et est habitée depuis sa construction par les descendants de Jules ou Judes (Gonthier) Gauthier. Cette bâtisse qui ressemble étrangement à un manoir anglo-normand mais on y retrouve des marques architecturales de la maison traditionnelle québécoise ancienne, avec son larmier, ses lucarnes et ses cheminées aux deux extrémités. Ce qui surprend, c'est qu'on y retrouve trois étages. Il faut dire que son propriétaire-constructeur était surnommé "le riche du GRAND-BRÛLÉ"et avait sûrement l'intention d'y élever une grande famille...et il fit effectivement son devoir de chrétien avec grande ferveur...car il a laissé une nombreuse descendance qui se compte encore par des dizaines et des dizaines de descendants. Certains d'entre eux habitent encore cette maison qui a conservé la même apparence, à part quelques changements mineurs, comme le caveau à patates qui n'existe plus (Il y a un Métro-Richelieu pas loin...). Madame Françoise Gauthier, avocate, fut mairesse de ce village et c'est une descendante de notre Jules Gauthier.   

Le nom de " GRAND-BRÛLÉ " n'est guère utilisé de nos jours. Le village actuel porte le nom de Notre-Dame de Laterrière, en mémoire de Marc Pascal de Sales de Laterrière, dernier seigneur des Éboulements avant le démantèlement de ce système à partir de 1851. Il avait d'ailleurs acheté la seigneurie du sieur Jean-François Tremblay dont l'épouse, Marie Gontier, fait partie de mon ascendance directe. Le nom de GRAND-BRÛLÉ fut donné à cette colonie à la suite d'un incendie survenu en 1845, soit 13 ans après la fondation de Chicoutimi. Ce feu, plutôt un immense feu de forêt, avait complètement ruiné les habitants de l'installation, bien primitive, en somme. Un père oblat, le Père Honorat, avait fondé une colonie indépendante, une première au pays, pour regrouper les cultivateurs-défricheurs de l'endroit afin de les subtiliser à l'emprise de Peter Mc Leod junior, fondateur (?) de Chicoutimi, qui n'a pas réellement apprécié la chose, lui qui régnait en maître sur tous les habitants du Haut-Saguenay. La petite histoire nous informe que de violentes querelles, verbales et physiques, ont souvent éclatées entre les deux hommes. Épuisé, le bon Père Honorat fut rappelé par ses supérieurs et mourut en France mais non sans avoir jeté les germes de ce joli petit village où tout n'est que calme et sérénité.  

Juste en face de la maison Gauthier mais qu'on ne voit pas sur la photo, se trouve le moulin que le Père Honorat a construit pour le bénéfice des colons. Ce moulin existe encore et fut transformé en site de visite touristique pendant un certain temps. Ce qui restait du moulin avait été acquis par Madame Hélène Vincent, artiste-peintre bien connue, qui le restaura et lui redonna son aspect original et même, y demeura quelque temps. Ce moulin se trouve en partie sur la Rivière du Moulin qui se jette dans la Saguenay à une vingtaine de kilomètres au nord.   

Ce Judes ou Jules Gauthier a épousé Marie Girard aux Éboulements le 24 janvier 1829. Il était descendant de Pierre Gonthier-Gauthier, issu de son deuxième mariage avec Thérèse Tremblay, aux Éboulements le 20 février 1786. Voilà ce que je puis dire rapidement et de mémoire sur la maison des Gauthier du GRAND-BRÛLÉ.    

(suite) La maison Gauthier du GRAND-BRÛLÉ

Laterrière- Saguenay

Le couple Jules Gauthier-Marie Girard est à l’origine d’une tradition de meuniers qui furent actifs pendant quatre générations à cet endroit et ailleurs au Saguenay-Lac-St-Jean.

La lignée de l’ancêtre Jules Gauthier se configure de la façon suivante :

1-      Bernard Gontier et Marguerite Pasquier (Pasquet). Mariés à Québec le 26 janvier 1676.

2-      Louis Gontier et Geneviève Gagné. Mariés à Baie St-Paul le 13 avril 1706.

3-      Jean Gontier et Marie Josephte Gagnon. Mariés aux Éboulements le 11 novembre 1737.

4-      Pierre Gontier et de son second mariage avec Thérèse Tremblay aux Éboulements le 20 février 1786.

5-      Chrysogone Gauthier, né aux Éboulements le 4 février 1789, (on le surnommait IGONI et il signait d’ailleurs IGAUNI ou IGONIE et est à l’ancêtre de Joe Maurice Gauthier, Oriskany, N.Y. USA). Il a épousé Marie Tremblay aux Éboulements le 20 février 1810. À Chicoutimi, on  appelle ordinairement les descendants d’Igoni Gauthier Les Gauthier-Goni. Il fut le père de quinze (15) enfants dont huit (8) se marièrent. Et six (6) d’entre eux émigrèrent avec leur père dans la jeune région du Saguenay en 1844. C’est en compagnie de Christophe, Pierre, Thomas, Séraphine, Justine et Samuel  qu’Igoni s’établit dans le Poste St-Martin. Décédé à cet endroit, appelé en son honneur la pointe à Goni, qu’il décéda à l’âge respectable de 80 ans le 16 mars 1869.

6-      JULES GAUTHIER, l’aîné des enfants d’Igoni Gauthier et de Marie Tremblay, est né aux Éboulements le 16 octobre1811. Navigateur au long cours, père de huit (8) enfants, il quitta sa terre natale de Charlevoix en compagnie de son épouse, Marie Girard, (voir photo) qu’il avait épousée le 24 janvier  1829 aux Éboulements, le 4 septembre 1852 et vint rejoindre son père Igoni pour venir prendre possession des 14 lots des pères Oblats au GRAND-BRÛLÉ de Laterrière, suite à leur départ. Outre ce patrimoine foncier, Jules Gauthier détenait 35 bœufs domptés. C’est en face de la Maison Gauthier que ce trouvait le moulin à farine du père Honorat dont  Jules prit possession suite à une vente au départ du fameux père Oblat Honorat. Comme je l’ai déjà dit, ce moulin existe encore et appartient à l’artiste Hélène Vincent, contrairement à Hélène Vincent, mentionnée ailleurs par erreur de ma part.

7-      Plusieurs générations descendant de Jules Gauthier ont habité cette maison. Je voudrais mentionner Madame Françoise Gauthier qui fut mairesse de Laterrière et qui est actuellement ministre du Tourisme au gouvernement provincial du Québec après avoir tenu les rennes du ministère de l’Agriculture.

Note : En réalité, le père de Jules Gauthier, Chrysogone, s'appelait bien Igonie. C'est le nom qui est inscrit sur son acte de baptême que j'ai en mains. Mais certains généalogistes ont retenu par erreur le nom de Chrysogone comme on devait l'appeler parfois.

Gérard Gauthier. gauge@videotron.ca
Source principale : Carl Beaulieu : Les GAUTHIER, acteurs socio-économiques majeurs. ISBN 2 –922693-07-4. Les Éditions du Patrimoine 2003- 887 A. Murdock-Chicoutimi (Québec) G7H 3Z8 – Tél : 418-698-4554
Éloi-Gérard Talbot. Cyprien Tanguay
Archives Nationales du Québec à Chicoutimi
Notes personnelles
 

 

 

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