UN PAYSAN DE SAINT-IRÉNÉE AU XV111e SIÈCLE

 

              L'image que nous nous faisons des époques reculées serait bien floue si, par bonheur, certains textes révélateurs ne venaient éclairer et animer le passé. C'est ainsi que les précieuses notes de Peter Kalm nous font pénétrer dans les maisons de Charlevoix, au milieu de XVIIe siècle, et que nous y voyons vivre les anciens. Ce genre de document, fruit bien inattendu d'un curieux concours de circonstances est, pour une période déterminée, comme une ouverture pratiquée dans l'épaisseur du temps, l'équivalent de ce que les architectes appellent un " regard ". Après nous avoir ainsi favorisés au XVIIIe siècle, la fortune nous sourit encore une fois au XIXe, sous la forme d'une enquête sociologique consacrée à la famille d'un paysan de Saint-Irénée.

            C'est encore en Europe, mais en France cette fois, qu'il faut chercher l'origine de cette entreprise. Vers le milieu du XIXe siècle, Frédéric Le Play, que Pierre Savard présente comme " un des pionniers de la sociographie ", se consacre à des recherches " d'économie sociale ". Après avoir publié ses Ouvriers européens en 1855, Le Play et ses collaborateurs entreprennent, à partir de 1857, une série de monographies dont l'ensemble est destiné à paraître sous le titre d'Ouvriers des deux mondes. C'est le cinquième volume de la série qui accueille la monographie consacrée à ce paysan de Saint-Irénée.

           Ce choix paraîtrait inexplicable si, de 1861 à 1865, la paroisse de Saint-Irénée n'avait été desservie par un curé d'origine française, l'abbé Jules Mailley, ami du consul de France à Québec, Charles-Henri-Philippe Gauldrée-Boileau, lui-même lié à Le Play.

            Les idées conservatrices de Gauldrée-Boileau sont, à l'instar de celles de Le Play, résolument " paternalistes "; comme son maître, il préconise l'esprit d'épargne, la soumission à l'Église, au curé, aux autorités civiles. Ses remarques sur l'importance de l'obéissance à l'Église et au curé sont si insistantes qu'on les croirait écrites de la plume même de l'abbé Mailley.

            Mais c'est moins la coloration de la pensée de Gauldrée-Boilleau qui nous intéresse ici que ses notes sur le Saint-Irénée de 1861-1862 et, surtout, son enquête minutieuse sur le mode de vie d'Isidore Gauthier et de sa famille. " Pour chacune de ses explorations familiales, écrit Pierre Savard au sujet de Le Play, il fait le tour de l'habitation, inventorie les meubles, les ustensiles et les vêtements, il évalue les immeubles, le montant des sommes disponibles et les animaux domestiques. Il étudie soigneusement l'alimentation (coût et composition des repas). Les travaux domestiques, la vie intellectuelle, morale et religieuse n'échappent pas non plus à son enquête. C'est à cette méthodologie scrupuleuse, imposée également par Le Play à ses collaborateurs, que nous devons la description détaillée d'une ferme typique de Charlevoix, peu après le milieu de XIXe siècle, et du genre de vie qu'on y mène. Gauldrée-Boilleau a soin de rappeler que la famille qu'il a choisie " ne se distingue pas, par la nature de ses occupations, du commun des cultivateurs "; son mode de vie est donc bien représentatif de celui de la plupart des gens aisés de Saint-Irénée et des autres villages de Charlevoix.

            L'auteur de l'étude commence par une brève description de Saint-Irénée, village bâti " sur trois lignes appelées concessions du premier, du second et du troisième rang. Longue de 2,5 kilomètres, large de 110 mètres, chacune de ces concessions appartient à un habitant " dont la maison en bois de cèdre ou de mélèze, blanchie à la chaux, est couverte de bardeaux peints en rouge. Au centre du village sont groupés les bâtiments communautaires : l'église, le presbytère, la mairie et la principale école de l'arrondissement.

            La contrée " extrêmement pittoresque " évoque " quelques parties des montagnes du Jura ". Le sol sablonneux et léger rend bien, mais il a besoin de pluies fréquentes. Les champs sont " moyennement fertiles ", d'autant plus que les méthodes utilisées pour la culture sont désuètes et routinières. Comme leurs pères, les gens de Charlevoix pratiquent l'assolement bisannuel et ne se servent pour " ainsi dire pas d'engrais ". On cultive le froment, la pomme de terre, l'orge, l'avoine, le seigle, les pois ainsi que les carottes et les navets, mais ces deux légumes ne servent qu'à nourrir les bestiaux. Manifestement, l'auteur ne mentionne que les cultures importantes; s'il s'était attardé au potager, il y aurait trouvé d'autres légumes, notamment l'oignon. le concombre, la citrouille et sans doute, la gourgane (fève des marais), si appréciée dans Charlevoix.

            La population est de 100 familles et plusieurs d'entre elles comptent de 12 à 15 enfants. Elle se compose principalement de cultivateurs et de quelques journaliers; ces derniers ne semblent pas vivre richement. L'argent est rare et on pratique le système des échanges. Lorsque les créances deviennent trop élevées, les petits marchands d'épicerie, d'étoffes et de quincaillerie mettent en chantier une goélette et chaque débiteur s'acquitte de sa dette en fournissant du bois de construction ou des journées de travail.

            En 1861, la famille d'habitants à laquelle Gaudrée-Boilleau s'intéresse est constituée du père, Isidore Gauthier, de la mère, Sarah Girard, de cinq filles, l'une mariée, et de deux garçons. Les Gauthier pratiquent la religion catholique avec ferveur, comme tous leurs concitoyens de Saint-Irénée; une seule personne, un usurier qui prête à 12 % - le taux usuel est de 6 % - et qui ne fait pas ses pâques, représente la race des mécréants. Dans l'ensemble, la moralité est exemplaire et on ne déplore qu'une seule naissance illégitime en dix ans " encore le principal coupable, le père de l'enfant, appartenait-il à une paroisse voisine ". Si le spirituel est assez bien assuré, l'intellectuel ne l'est guère et l'éducation " n'est pas aussi avancée qu'on serait en droit de la souhaiter ". Il y a bien une école modèle et deux écoles élémentaires, mais le tiers des enfants ne les fréquentent pas.

            Les habitants de Saint-Irénée sont très hospitaliers et gardent volontiers chez eux des voyageurs qui " peuvent payer leur écot en contes ou en historiettes ". Charitables et se considérant tous égaux, ils pratiquent l'économie, mais un peu moins qu'auparavant. Une ombre sérieuse au tableau : " un penchant très prononcé pour les boissons enivrantes " qu'ils consomment jusqu'à se rendre " gais " ou " gaillards ". On se nourrit bien, mais avec une certaine sobriété par crainte de la dépense. Les habitants sont généralement méfiants à l'égard de l'instruction, de la politique et des gens de professions libérales; ils ont des idées bien arrêtées, et l'auteur mentionne l'entêtement comme l'un de leurs traits caractéristiques.

            Comme il n'y a pas de médecin à Saint-Irénée, on recourt à celui des Éboulements ou on se rend à La Malbaie, mais en cas d'absolue nécessité et sans excès de confiance. Pourtant, même si, dans l'ensemble, l'état de santé est excellent, les gens de Saint-Irénée souffrent notamment de gastrite, d'entérite, de goitre, de rhumatisme, de maladies oculaires (souvent causées par la réflexion du soleil sur la neige), de surdité qu'on attribue aux " vents furieux qui soufflent pendant une partie de l'année ". Pour les bêtes, point de vétérinaire. Lorsqu'un animal est malade, on fait appel à un " empirique " qui s'enferme dans l'étable avec la bête, récite une prière à saint Pierre... et tant mieux si la bête retrouve sa vigueur!

            Isidore Gauthier cultive lui-même sa terre et se contente de prendre un homme à gages au temps des foins et des récoltes, ce qui lui coûte 60 francs. Il a revendu une goélette dont il s'est trouvé propriétaire et consacré le produit de la transaction à l'achat d'une nouvelle terre dans le voisinage. Il tient son domaine de ses parents, qui le lui ont légué à condition de garder chez lui deux frères cadets et de les établir à leur majorité. Il lui a fallu donner à chacun d'eux un cheval, une vache, quatre moutons, et la somme nécessaire à l'achat d'une terre, soit 2 000 francs. En effet, ce n'est pas l'usage de morceler une propriété; un père de famille doit s'efforcer d'acquérir une terre pour chacun de ses fils. S'il n'y parvient pas, il lègue son domaine " au plus intelligent de ses garçons " en lui imposant la charge d'aider ses frères et sœurs. Les filles, pour leur part, reçoivent en se mariant une dot constituée d'un trousseau et d'un " ménage " composé " d'un lit, d'un poêle, d'un rouet, d'une paire de cadres et de quelques ustensiles de cuisine ".

            Gauldrée-Boilleau estime la valeur totale des propriétés de la famille Gauthier à 20 311 francs, mais seulement 1 % de cette somme est en argent liquide, ce qui montre à quel point le numéraire est rare. Les habitants les plus riches de Saint-Irénée estiment leur avoir à 30 000 francs environ. Quant aux pauvres de la paroisse, ils ne manquent pas du nécessaire.

            Isidore consacre le meilleur de son temps à la culture des champs et au soin des animaux; à l'occasion, il fait la chasse au renard, au loup-cervier et au vison, mais c'est là une occupation tout à fait secondaire. En automne, il se rend à Québec pour y vendre certains de ses produits. Avec l'argent qu'il touche, " il achète lui-même les vêtements de sa femme et de ses enfants, ainsi que les fournitures nécessaires au bon entretien de sa maison ".

            Sarah, sa femme, est extrêmement occupée et ses journées doivent être bien longues. En effet, il lui faut vaquer à des tâches multiples et très variées : le ménage, la préparation de la nourriture, les soins de propreté, le lavage et le reprisage du linge, la confection et la réparation de la nourriture, les soins de propreté, le lavage et le reprisage du linge, la confection et la réparation des vêtements, la cuisson du pain, la fabrication du beurre, la traite des vaches, le filage de la laine et du lin, le tissage de la flanelle et de l'étoffe du pays. Sans doute ses filles l'assistent-elles dans le ménage, mais elles lui laissent " tant ce qu'il y a de rude dans la besogne journalière " et se contentent de filer et tricoter.

            La famille Gauthier se nourrit bien et abondamment. Le déjeuner qu'on prend à sept heures consiste en pommes de terre, poisson (hareng ou sardine), lard cuit, beurre frais. Au dîner, la soupe au lard ou au bœuf, le bouilli, le beurre, le pain figurent au menu. Le souper est servi à six heures et demie; il comporte généralement un morceau de viande rôtie, des pommes de terre, des œufs, du lait caillé. Comme les jours d'abstinence sont nombreux, la famille consomme au cours de l'année une impressionnante quantité de poisson : 200 livres de sardines, 150 de harengs! L'été, on mange surtout de la viande salée mais, l'hiver, grâce aux possibilités de conservation, la viande " fraîche " est abondante. On abat chaque automne une vache, des moutons, des porcs, des oies, des dindes et des poulets.

            Les Gauthier vivent dans une maison de bois dont les fondations sont en pierre. Ses contrevents sont rouges, de même que le toit, qu'on repeint tous les deux ans. En façade, un larmier large de 1,5 mètre abrite une longue galerie d'où on peut contempler le fleuve qui, devant Saint-Irénée, atteint déjà une largeur de 29 kilomètres. Seule partie habitée, le rez-de-chaussée se divise en cinq pièces : trois chambres, un salon et une cuisine qui sert également de chambre à coucher pour les parents. Les murs de ces pièces sont blanchis à la chaux. La maison possède deux cheminées ouvertes inutilisées, car on préfère les poêles pour la cuisine et le chauffage. Quand il n'y a pas de poêle dans une pièce, on ne peut compter que sur la chaleur dégagée par le tuyau de tôle qui sert à évacuer la fumée.

            L'ameublement est modeste. Dans la pièce principale, une grande armoire en pin à deux panneaux, deux longues tables, un banc et neuf chaises en bois, un gros poêle muni d'un four, une horloge, un coffre rouge et un vert, plus petit, pour le linge, une huche à pain.

            L'auteur prend soin de mentionner que les citoyens de Saint-Irénée " nourrissent aucun sentiment d'affection pour le drapeau du Royaume-Uni ", mais qu'ils le supportent volontiers. Ils paraissent avoir une vie sociale assez active. Ainsi, il est d'usage de se réunir au temps du carnaval, le dimanche et pendant les derniers jours gras. Comme tous les Canadiens, ils sont " passionnés pour la danse " mais, hélas, le prude curé Mailley a prohibé les veillées. Parents et amis se rencontrent aussi au commencement de l'année. Selon Gauldrée-Boilleau, l'habitant de Saint-Irénée " trouve sa récréation la plus ordinaire dans le plaisir d'assister aux offices religieux de son église /.../ Rien ne plaît aux fidèles comme /.../ le récit de quelque fait emprunté à la vie des Saints, ou à l'histoire de France. On peut dire que le curé Mailley est un pasteur comblé.

            Dans sa conclusion, Gauldrée-Boilleau déclare que les habitants du Bas-Canada, dont la famille Gauthier est représentative, sont demeurés en 1861 ce qu'ils étaient en 1759. Sans être riches, ils vivent bien et ils seraient encore plus à l'aise s'ils réussissaient à écouler leurs produits. Ils sont ordonnés, économes, féconds. Tant qu'ils conserveront leurs bonnes habitudes, assure-t-il sentencieusement, tant qu'ils seront fidèles à leurs principes religieux et qu'ils trouveront moyen d'établir leurs nombreux enfants, " ils demeureront les maîtres du terrain que leur ont légué leurs pères ".

            En somme, la situation de l'habitant de Charlevoix peut se perpétuer s'il est fidèle aux institutions et aux principes qui ont jusque-là gouverné son existence. Il doit prendre soin de se tenir à l'abri des " idées modernes " tout en se mettant au fait " des méthodes perfectionnées appliquées aujourd'hui /en 1861/ à l'agriculture ".

            Entre 1920 et 1929, quelques 60 ans après ces déclarations un peu utopiques, un autre sociologue, Léon Gérin, désireux d'ajouter un chapitre à cette histoire, se rendit plusieurs fois à Saint-Irénée. Son but avoué était de faire " une mise générale au point " du tableau tracé par Gauldrée-Boilleau. Qu'était-il advenu du domaine patrimonial des Gauthier? Quelle avait été l'évolution de cette famille?

            Que de changements constate Gérin avec stupéfaction. Isidore Gauthier est mort. Il s'y attendait : celui-ci aurait été presque centenaire. En 1894, Isidore fils est décédé à l'âge de 44 ans. D'ailleurs, la famille a quitté Saint-Irénée depuis longtemps :

            " J'étais confondu. Ainsi s'écroulait piteusement la glorieuse vision un instant aperçue d'une Famille-souche canadienne sur le modèle classique de celle de Le Play /.../ Cinq ou six ans ne s'étaient pas écoulés après cet éloge dithyrambique de la Famille-souche canadienne que le fameux " centre traditionnel " des Gauthier de Saint-Irénée était délaissé; la maison débâtie et les membres du groupement familial dispersés, ou transportés au loin. "

            Après ce pitoyable constat, le sociologue se livre à sa propre enquête. Sur le plan agricole, les habitudes n'ont pas beaucoup évolué depuis le temps du premier Isidore. Les bâtiments de ferme sont toujours couverts de chaume parce que, comme l'explique Médérile Gauthier, " la paille ne coûte rien " alors que le bois est fort cher. " Troupeau réduit, note Gérin chez Clovis Gauthier, cultures diversifiées, mais sur de petits espaces, et en général dans la mesure des besoins ordinaires de la famille, comme aussi de la main-d'œuvre que ses membres sont en état de fournir. " On remplace les vieilles maisons par des nouvelles, plus banales mais plus confortables, on installe l'eau courante, on s'ouvre à la mécanisation : après la batteuse mécanique, on recourt maintenant à la moissonneuse-lieuse.

            Malheureusement, il y a déjà longtemps que l'agriculture ne peut absorber toute la main-d'œuvre. C'est pourquoi, plus d'un demi-siècle avant la visite de Gérin, Isidore Gauthier fils a vendu sa terre pour aller s'établir au Saguenay. Gérin pourra constater qu'après des années de pénible labeur ses fils y prospèrent. À Rivière-du-Moulin, il retrouvera un Isidore Gauthier, troisième du nom, à la tête d'une exploitation florissante.

Source : Jean Des Gagniers, « Charlevoix, pays enchanté » Sainte-Foye, Presses de L’Université Laval, 1994.
C.-H.-P. Gauldrée-Boileau. « Paysan de Saint-Irénée de Charlevoix en 1861 et 1862 ». dans P. Savard (dir.).  « Paysans et ouvriers québécois d'autrefois » Québec, Les Presses de l'Université Laval, coll. « Les Cahiers de l'Institut d'histoire ». n° 11, 1968, p. 17-76.

Préparé par Gérard Gauthier     gauge@videotron.ca  pour vos commentaires. 

*********************************************************

ASCENDANCE DE ISIDORE GAUTHIER

Génération 6 Isidore Gauthier est né le 26 mars 1822 à la Malbaie, Charlevoix. Il a épousé Sarah Girard le 1 er février 1842 aux Éboulements. De ce mariage, au moins 10 enfants connus sont nés, 5 filles et 5 garçons.
Génération 5 Fils de Jean Baptiste Gauthier (1789-1851) et de son second mariage avec Élizabeth Leclerc le 23 novembre 1819 à l’Île-aux-Coudres.
Génération 4 Fils de Joseph Louis Gauthier (1745-1810)   et de Geneviève Bouchard, mariés  le 2 août 1773 à l’Île-aux-Coudres.
Génération 3 Fils de Jean Gontier (1713-1749) et de Marie Joseph Gagnon, mariés le 11 novembre 1737 aux Éboulements.
Génération 2 Fils de Louis Gontier  (1679-1728) et de Geneviève Gagné, mariés le 13 avril 1706 à Baie St-Paul.
Génération 1 Fils de Bernard Gontier (1643-1716) et de Marguerite Pasquier-Paquet, mariés le 26 janvier 1676 à Québec.
Génération 1 Bernard Gontier était le fils de Jean Gontier  et de Marie Lay et fut baptisé en l’église St-Séverin de Paris.

Isidore Gauthier.jpg (60558 bytes)

Isidore Gauthier et Emma Lapointe

Isidore Gauthier est le fils de Isidore Gauthier, lui-même fils de notre Paysan de St-Irénée Isidore Gauthier.

Source : "LES GAUTHIER". Daniel Beaulieu, Les Éditions du Patrimoine, Chicoutimi.

Date inconnue et non spécifiée dans le livre.

 

 

 

 

Copyright © 1999 Association de généalogie des familles Gauthier

Toute reproduction de ce site sans l'accord écrit préalable de ses auteurs est INTERDITE.