Québec au XV11è siècle 

Vue de Québec après 1663 

 

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Voici un article que j’avais en filière depuis quelques années et que j’ai retrouvé fortuitement dans mon classeur. Il provient  d’un numéro du magazine « ACTUALITÉ » paru en janvier 1998. Je tiens à vous le présenter, même si l’auteur, le fameux baron de Lahontan, a autrefois outrageusement qualifié nos aïeules grand’mères qui étaient parmi les Filles du roi de Filles joie ou Filles de rien…N’empêche que le description qu’il fait de la ville de Québec à l’époque de nos premiers ancêtres nous permet de visualiser mentalement le milieu de vie où ils ont évolué. Tous nos ancêtres sont débarqués d’abord à Québec, quel que soit le lieu de leur établissement ultérieur. L’image que je vous représente montre les parties haute et basse de la ville et doit dater d’après 1663 et c’est le décor où ils ont du évoluer.

Gérard Gauthier. Chicoutimi (Courriel : pour vos commentaires : gauge@videotron.ca) 

 

Les gouverneurs généraux qui font leur résidence principale dans ce fort y sont bien logés, jouissant en même temps de la vue la plus belle et la plus étendue qui soit au monde. La ville manque de deux choses essentielles qui sont un quai et des fortifications ; il serait facile d’y faire les deux car les pierres se trouvent sur place. Elle est environnée de plusieurs sources d’eau vive la meilleure  au monde, mais comme personne ne connaît assez bien l’hydrostatique pour les conduire à quelques places où l’on pourrait élever des fontaines simples et jaillissantes, chacun est obligé de boire l’eau de puits.

« Les gens qui habitent au bord du fleuve de la basse ville ne ressentent pas la moitié du froid hivernal de la haute ville, en outre, ils ont la commodité de faire transporter en bateau, jusque devant leurs maisons, le blé, le bois et les autres provisions nécessaires. Si ceux de la haute ville sont exposés au froid hivernal, ils ont le plaisir de jouir du vent frais en été. Il y a un chemin assez large de l’une à l’autre, mais un peu escarpé, et des maisons à droite et à gauche. […] 

« Il y a six églises à la haute ville ; la cathédrale est composée d’un évêque et de douze chanoines qui sont de bons prêtres, vivant en communauté comme des religieux dans la maison du chapitre, dont la grandeur et la superficie sont surprenantes. Ces pauvres prêtres, qui se contentent du nécessaire, ne se mêlent pas uniquement que des affaires de leur église, où le service se fait comme à Rome. 

« La seconde est celle des Jésuites, située au centre de la ville. Elle est belle, grande et bien éclairée. Le grand autel est orné de quatre grandes colonnes cylindriques et massives d’un seul bloc de certain porphyre du Canada, noir comme du jais sans taches et sans filet. Leur maison est commode de toutes les manières, car il y a beaucoup d’espace. Ces pères ont de beaux jardins, plusieurs allées d’arbres si touffus qu’il semble en été qu’on soit dans une glacière que dans un bois. On peut dire aussi que la glace n’en est pas loin, car ils ne manquent jamais d’en conserver en deux ou trois endroits pour avoir le plaisir de boire frais. 

« La troisième est celle des Récollets qui, grâce à M. le comte de Frontenac, ont obtenu la permission d’y construire une petite chapelle ( à laquelle je donne le nom d’église ) malgré l’opposition de M. de Laval, notre évêque qui, joint aux Jésuites, a fait tout ce qu’il a pu il y a dix ans pour l’empêcher. Ils demeuraient avant ce temps-là dans un hospice qu’il a fait bâtir où quelques-uns de ces pères se tiennent encore. La quatrième est celle des Ursulines qui a été brûlée et rebâtie deux ou trois fois de mieux en mieux. La cinquième est celle des Hospitalières qui ont un soin particulier des malades, quoique ces religieuses soient pauvres et mal logées. ».1

1Sous la rubrique « Portages », géographica présente des textes anciens qui constituent un premier regard sur la Canada.

 

 

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